Les Editions En Forêt

Adresse postale:

Verlag im Wald
Doenning 6
D 93485 Rimbach

tél / fax: +49 9977 708
e-mail: info (arobas) verlagimwald.de

Les Editions En Forêt sont nées en 1991.
Elles ne publient  que de la poésie (à trois exceptions près).
Jusqu'en mars 2o1o ont paru 119 livres:
11 volumes anthologiques, 68 titres d'auteurs français, 11 recueils belges, 6 livres italiens
et 2 grecs, 4 luxembourgeois, 4 américains, 4 israéliens, 2 colombiens, 2 tchèques, 1 polonais,
1 roumain, 1 letton, 1 slovène, 1 allemand.
L'éditeur (et traducteur-amateur) Rüdiger Fischer (67 ans) a enseigné les langues
modernes dans un lycée de la Forêt Bavaroise jusqu'en 2oo4. Des revues de poésie
françaises ont publié de ses traductions de poètes allemands; il reste assez de
traductions inédites pour d'autres revues encore...
Les livres paraissent dans trois collections:
* la collection Sources, pour les poèmes inédits;
* la collection Voies, pour les poèmes ayant paru auparavant dans leur
               langue d'origine;
* la collection Sentiers, qui présente des poèmes sur 1o feuilles sous jaquette.
Ont été publiés aussi une anthologie de poèmes français en quatre volumes
et une de poèmes belges francophones en deux volumes, une
anthologie de poèmes sur 25 portraits d'enfants de Yannick Lecoq,
des anthologies québécoise, allemande, bretonne, et une anthologie de
poèmes d'enfants de 14 pays européens.

Que le lecteur pardonne à l'éditeur de recopier ici un article entier qui ne parle
pas seulement d'un de ses livres:

RÉSEAU(X) RÉSISTANCE(S) ÉCHOS

J'ai comme la nostalgie de ce temps où, adolescent,
je me promenais à la Fête de l'Humanité, dans la Cité
internationale: l'exotisme du prolétaire! J'ai toujours en moi
cette soif de solidarité internationale, cet élan vers l'autre,
l'étranger si proche et si lointain à la fois. Et cette belle
expression, l'amitié entre les peuples, me hante toujours
(où sont les peuples? où se niche l'amitié?...) Et cette soif,
cet élan, c'est aussi dans la poésie que je les trouve parfois
et, singulièrement, dans le travail de traducteur et d'éditeur
de Rüdiger Fischer. Travail de résistance à la standardisation
de la pensée, travail de mise en valeur des spécificités des
langues à un moment où l'américain parlé à Bruxelles voudrait
s'imposer comme langue européenne (ce sabir est à la langue
de Shakespeare ce qu'un certain soda brunâtre est au
champagne) ...
Rüdiger Fischer, passeur de mots... Professeur de français
et amoureux de la poésie francophone contemporaine,
Rüdiger Fischer a commencé par traduire, pour le plaisir,
en allemand les poètes qu'il appréciait et s'est alors posée la
question du devenir de ces traductions. Publications en revues
(Rüdiger Fischer connaît aussi bien les revues alternatives
allemandes que les revues poétiques francophones) et récitals
poétiques comme à la belle époque de l'agit-prop dans
un premier temps (qui ne s'est pas encore éteint)... Et puis,
création des Editions En Forêt (Verlag Im Wald): Rüdiger
Fischer vit en compagnie des arbres et aucun ne lui cache
la forêt... Cette petite maison d'édition compte à ce jour à son
catalogue deux anthologies, La Fête de la vie (3 tomes, poèmes
français contemporains) et Encore une journée (poèmes
francophones de Belgique) et une quarantaine de livres signés
par des poètes français (Jean Rousselot, François de Cornière,
Pierre Garnier... mais aussi Stéphane Mallarmé), belges
(Yves Namur, Lucie Spède) ou québécois (Hélène Dorion).
Chaque ouvrage est édité en version bilingue (français et
allemand); s'y ajoute perfois une troisième langue européenne
(l'italien, en particulier). Verlag Im Wald: l'amitié entre les peuples
ou la volonté de construire une autre Europe que celle des
marchés et des banquiers. Et puisqu'il est question d'une
autre Europe et que je parlais de nostalgie en commençant
cette chronique, faisons le détour par l'un des derniers livres
publiés par Rüdiger Fischer: Car nous vivons et mourons si
peu, de Pierre Garnier. Il y a un paradoxe étonnant dans cette
édition bilingue. Pierre Garnier est connu comme l'animateur
du spatialisme, mais aussi comme le traducteur de Gottfried
Benn, de Goethe et, en 1988, de Lichtenberg dans une
délicieuse petite édition chez André Silvaire (Lichtenberg,
encore un esprit rebelle). Et voilà qu'il laisse à un autre le
soin de traduire en allemand ses propres poèmes; bel
hommage au traducteur Fischer. Nostalgie donc: ces
quelques vers de Pierre Garnier: "Ma mère à la fenêtre
tricote / assise dans l'origine comme Pénélope // elle
chante le Temps des Cerises / - elle me dit: c'est ce qui
reste de la Commune / de hauts reliefs s'élèvent alors //
la fête de l'Huma à Garches, les enterrements / de Barbusse
et de Vaillant-Couturier / - et pour mes parents la certitude
que la Commune / n'est pas morte" Nostalgie mais aussi
inscription dans une histoire dont la fin n'est pas pour demain:
"c'est en 1943    il fait faim et froid / mais l'Armée rouge
avance / elle met du soleil levant jusque dans les muguets."
Ça résiste, l'histoire n'est pas finie. Mine de rien,
ça avance toujours.
                                                          Lucien Wasselin
(in: Revue Commune, no 19, septembre 2ooo)


Et voici encore des extraits d'une interview
qui a paru dans le JOURNAL DES POETES (Bruxelles,août 1998):

ODILE CARADEC INTERROGE RÜDIGER FISCHER

Odile Caradec: Rüdiger, comment en es-tu venu à t'intéresser
à la poésie française contemporaine ainsi qu'à la poésie
francophone de Belgique?
Rüdiger Fischer: Pendant mes études, j'ai surtout découvert les
poètes allemands, anglais et américains, par exemple Hilde Domin,
G.M.Hopkins, Kenneth Patchen. Puis, me sentant tout de même
plus à l'aise en français, je me suis plongé dans la poésie de langue
française. Je me suis mis à traduire des poèmes d'aujourd'hui et en
même temps j'ai commencé à tenir un fichier d'auteurs à partir des
revues auxquelles j'étais abonné et des recueils dont j'avais
connaissance. Il y a eu une phase très longue de glanage et de
ramassage. Puis en commençant à chercher des éditeurs pour
mes traductions, j'ai été extrêmement surpris de constater combien
peu de poésie de langue française se publiait en Allemagne. Avant
mes publications, pas un seul Rousselot n'était paru ici. Pas un seul
poème d'Ayguesparse. Alors j'ai commencé à croire que je pouvais
faire quelque chose d'utile. Encore maintenant c'est très rare que je
trouve des traductions d'un "concurrent" dans une publication.
O.C.: Je vois que tu as rassemblé une documentation énorme et que
tu continues à l'enrichir jour après jour. A un moment donné, tu as
décidé de faire un choix parmi ces poètes et dans un premier
temps de les rassembler dans une anthologie. Comment as-tu fait
ce choix?
R.F.: Pour la France, j'ai d'abord éliminé ceux qui étaient déjà traduits
en Allemagne et ceux qui n'avaient publié que dans une ou deux
revues. Il en restait plus de cent, le nombre visé. Ensuite j'ai essayé
d'arriver à quelque équilibre quant aux régions, aux âges, aux sexes.
Les trois premiers volumes ont présenté 48 auteurs, trois autres
restent à faire.
Pour l'anthologie belge, c'est un peu différent. J'ai écrit à des auteurs
belges et leur ai demandé qui inclure en plus de ceux qui figuraient
sur mes fiches et je me suis limité à des auteurs d'une certaine
importance, car j'ai l'impression que la poésie francophone de Belgique
est encore plus inconnue en Allemagne que celle de France. De
toute manière, cette anthologie n'en est qu'à son premier volume.
Mais ce que je viens d'évoquer là est le côté technique. D'une
manière générale, pour les anthologies comme pour les recueils,
il faut que je sente la présence d'une voix, d'une personne. Il arrive
que je sois comblé par un texte parce qu'il reflète l'homme tout
entier avec son monde autour de lui. C'est pourquoi je n'aime pas
tellement le poème qui ne me donne qu'une abstraction. L'essentiel
est que le texte émane d'une personnalité bien complète et qu'il
ne soit pas seulement la quintessence du travail de son cerveau.
Il faut qu'il y ait une "musique" individuelle, un ton, une urgence.
O.C.: Comment as-tu choisi les titres de tes anthologies? Pour
celle de France "La fête de la vie". Pour l'anthologie belge
"Encore une journée"?
R.F.: La poésie, pour moi, c'est la fête. Elle va à l'encontre de la
bêtise et de l'injustice. Avec la poésie on s'élève au-dessus de
de la routine quotidienne.
Pour l'anthologie belge "Encore une journée", je ne suis pas
allé chercher bien loin. C'est le titre d'un des poèmes d'Ayguesparse.
De plus il s'accordait bien avec mon état d'esprit du moment:
encore une tentative, malgré le manque d'écho des précédentes.
(...)
O.C.: Et ton travail de traducteur?
R.F.: Je me considère comme un artisan et non comme un créateur
de textes autonomes. S'il faut choisir, plutôt l'exactitude que la
beauté de la version traduite.
(...)

Un autre entretien, avec Rodica Draghincescu,
a été publié dans le no 3o de Poésie première.
Dans le no 1o3 de Rétro-Viseur, une présentation
de son aventure éditoriale par Rüdiger Fischer
(dont le Portrait chinois se trouve dans le no 1o2).

Et enfin des extraits d'un article de Georges Cathalo
paru dans le no 119 de la revue Décharge, septembre 2oo3:

PHARES DANS LA NUIT: EDITIONS EN FORET

On a du mal à imaginer que l'un des plus grands connaisseurs de
la poésie française contemporaine se trouve en Allemagne,
quelque part du côté de la Forêt Noire (Non: il y a bien un Rimbach
en Forêt Nore, mais celui des Eds En Forêt est en Forêt Bavaroise
ou Bohémienne, près de la frontière tchèque, ce qui est moins
pratique pour les contacts avec la France.). (...)
La poésie qu'affectionne Fischer se place dans une lignée
humaniste et lyrique avec des poètes comme Jean Rousselot,
Armand Monjo, Clod'Aria, Yves Heurté ou Pierre Garnier. D'une
génération plus jeune, on lira François de Cornière, Lucien
Wasselin ou le provençal Serge Bec. (...)
Diversité, variété, richesse des voix retenues font de cette maison
l'une des enseignes les plus originales de l'édition contemporaine."


Pour des présentations des Eds En Forêt en général, voir aussi:

poesieschoisies
zazieweb
Chroniques de la Luxiotte


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