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Roland Tixier |
33 FOIS L'ESPOIR l'allumette dans la brume flammes bleues, casseroles et filtres Melitta dans les cuisines laquées la France du petit matin au café, à la hâte le quotidien, on cherche un signe, une trace la marque exacte à la page des sports le point du jour en courant d'air ces mains qu'on serre par tous les temps ça ira mieux demain l'entrée de l'usine les lendemains qui chantent les affiches fraîches les gardes en casquette l'ordre du jour immenses vaisseaux blancs trajectoires au cordeau transparence, graffiti banlieues sur parking qu'on finit par trouver belles auprès des tours les bas-côtés matelas, bidons d'huile grillages, buissons d'épines et sacs de Carrefour chiens noirs qui traînent près des calandres dans les flaques multicolores longtemps, muets anonymes et trop fragile bord de paupière gorge où l'on plie les pesantes écharpes des brumes de banlieue peines extrêmes que l'on devine les mots qui battent le pavé que l'on répète pour ainsi dire il vous aborde dans la rue il cherche du travail on hésite, on dit les mots qui passent par la tête et puis, on va boire un café l'ascenseur, le miroir parfums acérés de Paris lèvres sang vernissées foulards fluorescents pour les nuits à venir moquette rase double vitrage bonheur intérimaire et seuil de pauvreté veuillez parler dans l'hygiaphone geste entr'aperçu papier glissé dans la boîte te souviens-tu on se rappelle dans le désordre samedi soir, la fête le match de basket coude à coude aux guichets et ce plaisir dans les poitrines plein tarif peuple du 3e niveau debout dans les virages drapeaux, cornes de brumes on est toujours là dans le même bateau projecteurs, haut-parleurs pluie fine sur les populaires joie imperméable autour des feux de Bengale la grande foule des derbies en short, entre les cages sur les terrains gelés des dimanches matins sans vestiaire, à dix ans à la poursuite d'un but le car de la colo écris-nous, amuse-toi bien son enfant parmi les autres le front collé sur la vitre bleutée, de sécurité femmes éparses, enfants légers solitaires des grandes surfaces néons acides disco de plomb espoir sous vide l'étranger pris au passage en auto-stop, qui se tait et finit par s'endormir que l'on réveille en ville près d'une bouche de métro demeurer sans parler sans vouloir comprendre trop rapide nouvelle à l'autre bout du fil, aussi on ne raccroche pas jours bien trop courts qui s'effritent, s'éparpillent jours fuyants sans appel les plages glacées de l'almanach des postes les amis qui vous quittent et s'en vont trop loin les commerces, les voisins les enfants, même les saisons rien n'est plus comme avant ceux qui sont revenus grands-pères de quatorze pères de quarante frères d'Algérie sans faire d'histoire orange, rouge penché sur le volant impression de tourner en rond au ralenti, soupirs hermétiques l'angle des rues où l'on piétine sans rien se dire on tourne la tête chacun son tour rien ne va plus repousser le starter couper le contact et rester là batterie à plat avec un ciel si bas la pluie de 18 heures l'horizon dans les phares les mélodrames immédiats des boulevards périphériques l'autoroute, la file rails de sécurité le fleuve aux mousses roses les mouettes éternelles les poireaux bleus de Solaize accélérer, doubler le frein à fond, priorité ligne droite, plein phare une journée s'achève en queue de poisson 2o heures au quartz le Sahel aux infos les sourires de glace au loto il fallait jouer les accessoires pour la tête fin de dimanche météo, pub sa chaîne son grand film le coeur sur l'enclume et dans le noir ces pages dérobées ce long roman où l'on s'endort au tout dernier moment (Aube, Vénissieux 1988) 33MAL HOFFNUNG Streichholz im Nebel blaue Flämmchen, Töpfe und Melittafilter in lackierten Küchen Frankreich am frühen Morgen im Café, hastig die Zeitung, man sucht ein Zeichen, eine Spur die genaue Angabe auf der Sportseite Tagesanbruch im Durchzug Händedrücken bei jedem Wetter morgen gehts schon besser Fabriktor es kommt eine bessere Zeit frische Plakate die Wächter mit ihren Mützen der Tagesbefehl riesige weiße Schiffe schnurgrade Bahnen Überschaubarkeit, Wandsprüche Parkplatzvorstädte irgendwann findet man sie schön neben den Wohntürmen die Böschungen Matratzen, Ölkanister Drahtgitter, Dornengestrüpp und Plastiktüten vom Supermarkt zwischen den bunten Pfützen mit den Kornwürmern streunen schwarze Hunde stumm, namenlos lange umher und allzu zerbrechlicher Lidrand der Hals umwickelt von den schweren Schals des Vorstadtnebels schlimme Not die man erahnt herumlungernde Worte die man wiederholt sozusagen er spricht einen auf der Straße an er sucht Arbeit man zögert, man sagt was einem gerade einfällt und geht dann einen Kaffee trinken der Fahrstuhl, der Spiegel scharfer Parfümgeruch blutrot glänzende Lippen fluoreszierende Hals tücher für die bevorstehenden Nächte glatter Teppichboden doppeltes Panzerglas kurzfristiges Glück und Existenzminimum bitte hier sprechen flüchtig wahrgenommene Geste in den Kasten gesteckter Zettel weißt du moch man erinnert sich bestürzt Samstagabend, gute Stimmung das Basketballspiel Ellbogen an Ellbogen vor dem Schalter und diese Vorfreude in der Brust voller Preis die Leute vom dritten Rang Stehplätze in den Kurven Fahnen, Nebelhörner da ist man immer im selben Boot Scheinwerfer, Lautsprecher Nieselregen auf das gemeine Volk undurchlässige Freude rund um die bengalischen Feuer die große Menge beim Derby in kurzen Hosen zwischen den Netzen auf gefrorenem Platz sonntagsmorgens ohne Kabinen, mit zehn Jahren auf ein Ziel, ein Tor zu der Bus zum Ferienlager schreib uns mal, und viel Spaß das eigene Kind inmitten der anderen die Stirn gegen das blaugetönte Sicherheitsglas gepreßt vereinzelte Frauen, flinke Kinder Einzelgänger der Einkaufszentren säuerliches Neonlicht bleierne Diskomusik vakuumverpackte Hoffnung der Fremde, den man im Auto mitnimmt, der schweigt und schließlich einschläft den man in der Stadt weckt und beim U-Bahneingang absetzt dastehen ohne zu sprechen ohne verstehen zu wollen zu schnelle Nachricht vom andern Ende des Drahts, und nun hängt man nicht ein viel zu kurze Tage die zerbröckeln, zerlaufen unwiderruflich flüchtige Tage die eisglatten Flächen des Telephonbuchständers die Freunde, die sich verabschieden und zu weit weg ziehen die Geschäfte, die Nachbarn die Kinder, selbst die Jahreszeiten nichts ist mehr wie vorher die heimgekehrt sind die Großväter 14/18 die Väter 194o die Brüder aus Algerien ohne viel Aufhebens gelb, rot über das Steuer geneigt das Gefühl, sich in Zeitlupe im Kreis zu bewegen, Seufzen hermetisch abgeriegelt Straßenkreuzung wo man auf der Stelle tritt ohne miteinander zu sprechen man schaut sich um einer nach dem andern nichts geht mehr Chike wieder rein Zündschlüssel raus und stehenbleiben mit leerer Batterie bei so niedrigem Himmel Regen um sechs Uhr abends Horizont im Scheinwerferlicht die prompten Dramen auf den Ringstraßen Schlange auf der Autobahn Leitplanken der Fluß mit rosa Schaumflocken die ewigen Möwen die blauen Lauchfelder von Solaize Gas geben, überholen Bremse durchtreten, Vorfahrt grade Linie, voll aufblenden ein Tag geht irgendwie zu Ende die Leuchtziffern zeigen 2o Uhr der Sahel in den Nachrichten eisiges Lächeln Lotto hätte man spielen müssen Zubehör für den Kopf Sonntagabend Wettervorhersage, Werbung Programm wie gehabt großer Film wie gehabt das Herz auf dem Amboß und im Dunkeln die heimlichen Seiten dieser lange Roman in dem man einschläft im allerletzten Augenblick |
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Roland Tixier |
33 FOIS L'ESPOIR l'allumette dans la brume flammes bleues, casseroles et filtres Melitta dans les cuisines laquées la France du petit matin au café, à la hâte le quotidien, on cherche un signe, une trace la marque exacte à la page des sports le point du jour en courant d'air ces mains qu'on serre par tous les temps ça ira mieux demain l'entrée de l'usine les lendemains qui chantent les affiches fraîches les gardes en casquette l'ordre du jour immenses vaisseaux blancs trajectoires au cordeau transparence, graffiti banlieues sur parking qu'on finit par trouver belles auprès des tours les bas-côtés matelas, bidons d'huile grillages, buissons d'épines et sacs de Carrefour chiens noirs qui traînent près des calandres dans les flaques multicolores longtemps, muets anonymes et trop fragile bord de paupière gorge où l'on plie les pesantes écharpes des brumes de banlieue peines extrêmes que l'on devine les mots qui battent le pavé que l'on répète pour ainsi dire il vous aborde dans la rue il cherche du travail on hésite, on dit les mots qui passent par la tête et puis, on va boire un café l'ascenseur, le miroir parfums acérés de Paris lèvres sang vernissées foulards fluorescents pour les nuits à venir moquette rase double vitrage bonheur intérimaire et seuil de pauvreté veuillez parler dans l'hygiaphone geste entr'aperçu papier glissé dans la boîte te souviens-tu on se rappelle dans le désordre samedi soir, la fête le match de basket coude à coude aux guichets et ce plaisir dans les poitrines plein tarif peuple du 3e niveau debout dans les virages drapeaux, cornes de brumes on est toujours là dans le même bateau projecteurs, haut-parleurs pluie fine sur les populaires joie imperméable autour des feux de Bengale la grande foule des derbies en short, entre les cages sur les terrains gelés des dimanches matins sans vestiaire, à dix ans à la poursuite d'un but le car de la colo écris-nous, amuse-toi bien son enfant parmi les autres le front collé sur la vitre bleutée, de sécurité femmes éparses, enfants légers solitaires des grandes surfaces néons acides disco de plomb espoir sous vide l'étranger pris au passage en auto-stop, qui se tait et finit par s'endormir que l'on réveille en ville près d'une bouche de métro demeurer sans parler sans vouloir comprendre trop rapide nouvelle à l'autre bout du fil, aussi on ne raccroche pas jours bien trop courts qui s'effritent, s'éparpillent jours fuyants sans appel les plages glacées de l'almanach des postes les amis qui vous quittent et s'en vont trop loin les commerces, les voisins les enfants, même les saisons rien n'est plus comme avant ceux qui sont revenus grands-pères de quatorze pères de quarante frères d'Algérie sans faire d'histoire orange, rouge penché sur le volant impression de tourner en rond au ralenti, soupirs hermétiques l'angle des rues où l'on piétine sans rien se dire on tourne la tête chacun son tour rien ne va plus repousser le starter couper le contact et rester là batterie à plat avec un ciel si bas la pluie de 18 heures l'horizon dans les phares les mélodrames immédiats des boulevards périphériques l'autoroute, la file rails de sécurité le fleuve aux mousses roses les mouettes éternelles les poireaux bleus de Solaize accélérer, doubler le frein à fond, priorité ligne droite, plein phare une journée s'achève en queue de poisson 2o heures au quartz le Sahel aux infos les sourires de glace au loto il fallait jouer les accessoires pour la tête fin de dimanche météo, pub sa chaîne son grand film le coeur sur l'enclume et dans le noir ces pages dérobées ce long roman où l'on s'endort au tout dernier moment (Aube, Vénissieux 1988) 33MAL HOFFNUNG Streichholz im Nebel blaue Flämmchen, Töpfe und Melittafilter in lackierten Küchen Frankreich am frühen Morgen im Café, hastig die Zeitung, man sucht ein Zeichen, eine Spur die genaue Angabe auf der Sportseite Tagesanbruch im Durchzug Händedrücken bei jedem Wetter morgen gehts schon besser Fabriktor es kommt eine bessere Zeit frische Plakate die Wächter mit ihren Mützen der Tagesbefehl riesige weiße Schiffe schnurgrade Bahnen Überschaubarkeit, Wandsprüche Parkplatzvorstädte irgendwann findet man sie schön neben den Wohntürmen die Böschungen Matratzen, Ölkanister Drahtgitter, Dornengestrüpp und Plastiktüten vom Supermarkt zwischen den bunten Pfützen mit den Kornwürmern streunen schwarze Hunde stumm, namenlos lange umher und allzu zerbrechlicher Lidrand der Hals umwickelt von den schweren Schals des Vorstadtnebels schlimme Not die man erahnt herumlungernde Worte die man wiederholt sozusagen er spricht einen auf der Straße an er sucht Arbeit man zögert, man sagt was einem gerade einfällt und geht dann einen Kaffee trinken der Fahrstuhl, der Spiegel scharfer Parfümgeruch blutrot glänzende Lippen fluoreszierende Hals tücher für die bevorstehenden Nächte glatter Teppichboden doppeltes Panzerglas kurzfristiges Glück und Existenzminimum bitte hier sprechen flüchtig wahrgenommene Geste in den Kasten gesteckter Zettel weißt du moch man erinnert sich bestürzt Samstagabend, gute Stimmung das Basketballspiel Ellbogen an Ellbogen vor dem Schalter und diese Vorfreude in der Brust voller Preis die Leute vom dritten Rang Stehplätze in den Kurven Fahnen, Nebelhörner da ist man immer im selben Boot Scheinwerfer, Lautsprecher Nieselregen auf das gemeine Volk undurchlässige Freude rund um die bengalischen Feuer die große Menge beim Derby in kurzen Hosen zwischen den Netzen auf gefrorenem Platz sonntagsmorgens ohne Kabinen, mit zehn Jahren auf ein Ziel, ein Tor zu der Bus zum Ferienlager schreib uns mal, und viel Spaß das eigene Kind inmitten der anderen die Stirn gegen das blaugetönte Sicherheitsglas gepreßt vereinzelte Frauen, flinke Kinder Einzelgänger der Einkaufszentren säuerliches Neonlicht bleierne Diskomusik vakuumverpackte Hoffnung der Fremde, den man im Auto mitnimmt, der schweigt und schließlich einschläft den man in der Stadt weckt und beim U-Bahneingang absetzt dastehen ohne zu sprechen ohne verstehen zu wollen zu schnelle Nachricht vom andern Ende des Drahts, und nun hängt man nicht ein viel zu kurze Tage die zerbröckeln, zerlaufen unwiderruflich flüchtige Tage die eisglatten Flächen des Telephonbuchständers die Freunde, die sich verabschieden und zu weit weg ziehen die Geschäfte, die Nachbarn die Kinder, selbst die Jahreszeiten nichts ist mehr wie vorher die heimgekehrt sind die Großväter 14/18 die Väter 194o die Brüder aus Algerien ohne viel Aufhebens gelb, rot über das Steuer geneigt das Gefühl, sich in Zeitlupe im Kreis zu bewegen, Seufzen hermetisch abgeriegelt Straßenkreuzung wo man auf der Stelle tritt ohne miteinander zu sprechen man schaut sich um einer nach dem andern nichts geht mehr Chike wieder rein Zündschlüssel raus und stehenbleiben mit leerer Batterie bei so niedrigem Himmel Regen um sechs Uhr abends Horizont im Scheinwerferlicht die prompten Dramen auf den Ringstraßen Schlange auf der Autobahn Leitplanken der Fluß mit rosa Schaumflocken die ewigen Möwen die blauen Lauchfelder von Solaize Gas geben, überholen Bremse durchtreten, Vorfahrt grade Linie, voll aufblenden ein Tag geht irgendwie zu Ende die Leuchtziffern zeigen 2o Uhr der Sahel in den Nachrichten eisiges Lächeln Lotto hätte man spielen müssen Zubehör für den Kopf Sonntagabend Wettervorhersage, Werbung Programm wie gehabt großer Film wie gehabt das Herz auf dem Amboß und im Dunkeln die heimlichen Seiten dieser lange Roman in dem man einschläft im allerletzten Augenblick |
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Roland Tixier |
33 FOIS L'ESPOIR l'allumette dans la brume flammes bleues, casseroles et filtres Melitta dans les cuisines laquées la France du petit matin au café, à la hâte le quotidien, on cherche un signe, une trace la marque exacte à la page des sports le point du jour en courant d'air ces mains qu'on serre par tous les temps ça ira mieux demain l'entrée de l'usine les lendemains qui chantent les affiches fraîches les gardes en casquette l'ordre du jour immenses vaisseaux blancs trajectoires au cordeau transparence, graffiti banlieues sur parking qu'on finit par trouver belles auprès des tours les bas-côtés matelas, bidons d'huile grillages, buissons d'épines et sacs de Carrefour chiens noirs qui traînent près des calandres dans les flaques multicolores longtemps, muets anonymes et trop fragile bord de paupière gorge où l'on plie les pesantes écharpes des brumes de banlieue peines extrêmes que l'on devine les mots qui battent le pavé que l'on répète pour ainsi dire il vous aborde dans la rue il cherche du travail on hésite, on dit les mots qui passent par la tête et puis, on va boire un café l'ascenseur, le miroir parfums acérés de Paris lèvres sang vernissées foulards fluorescents pour les nuits à venir moquette rase double vitrage bonheur intérimaire et seuil de pauvreté veuillez parler dans l'hygiaphone geste entr'aperçu papier glissé dans la boîte te souviens-tu on se rappelle dans le désordre samedi soir, la fête le match de basket coude à coude aux guichets et ce plaisir dans les poitrines plein tarif peuple du 3e niveau debout dans les virages drapeaux, cornes de brumes on est toujours là dans le même bateau projecteurs, haut-parleurs pluie fine sur les populaires joie imperméable autour des feux de Bengale la grande foule des derbies en short, entre les cages sur les terrains gelés des dimanches matins sans vestiaire, à dix ans à la poursuite d'un but le car de la colo écris-nous, amuse-toi bien son enfant parmi les autres le front collé sur la vitre bleutée, de sécurité femmes éparses, enfants légers solitaires des grandes surfaces néons acides disco de plomb espoir sous vide l'étranger pris au passage en auto-stop, qui se tait et finit par s'endormir que l'on réveille en ville près d'une bouche de métro demeurer sans parler sans vouloir comprendre trop rapide nouvelle à l'autre bout du fil, aussi on ne raccroche pas jours bien trop courts qui s'effritent, s'éparpillent jours fuyants sans appel les plages glacées de l'almanach des postes les amis qui vous quittent et s'en vont trop loin les commerces, les voisins les enfants, même les saisons rien n'est plus comme avant ceux qui sont revenus grands-pères de quatorze pères de quarante frères d'Algérie sans faire d'histoire orange, rouge penché sur le volant impression de tourner en rond au ralenti, soupirs hermétiques l'angle des rues où l'on piétine sans rien se dire on tourne la tête chacun son tour rien ne va plus repousser le starter couper le contact et rester là batterie à plat avec un ciel si bas la pluie de 18 heures l'horizon dans les phares les mélodrames immédiats des boulevards périphériques l'autoroute, la file rails de sécurité le fleuve aux mousses roses les mouettes éternelles les poireaux bleus de Solaize accélérer, doubler le frein à fond, priorité ligne droite, plein phare une journée s'achève en queue de poisson 2o heures au quartz le Sahel aux infos les sourires de glace au loto il fallait jouer les accessoires pour la tête fin de dimanche météo, pub sa chaîne son grand film le coeur sur l'enclume et dans le noir ces pages dérobées ce long roman où l'on s'endort au tout dernier moment (Aube, Vénissieux 1988) 33MAL HOFFNUNG Streichholz im Nebel blaue Flämmchen, Töpfe und Melittafilter in lackierten Küchen Frankreich am frühen Morgen im Café, hastig die Zeitung, man sucht ein Zeichen, eine Spur die genaue Angabe auf der Sportseite Tagesanbruch im Durchzug Händedrücken bei jedem Wetter morgen gehts schon besser Fabriktor es kommt eine bessere Zeit frische Plakate die Wächter mit ihren Mützen der Tagesbefehl riesige weiße Schiffe schnurgrade Bahnen Überschaubarkeit, Wandsprüche Parkplatzvorstädte irgendwann findet man sie schön neben den Wohntürmen die Böschungen Matratzen, Ölkanister Drahtgitter, Dornengestrüpp und Plastiktüten vom Supermarkt zwischen den bunten Pfützen mit den Kornwürmern streunen schwarze Hunde stumm, namenlos lange umher und allzu zerbrechlicher Lidrand der Hals umwickelt von den schweren Schals des Vorstadtnebels schlimme Not die man erahnt herumlungernde Worte die man wiederholt sozusagen er spricht einen auf der Straße an er sucht Arbeit man zögert, man sagt was einem gerade einfällt und geht dann einen Kaffee trinken der Fahrstuhl, der Spiegel scharfer Parfümgeruch blutrot glänzende Lippen fluoreszierende Hals tücher für die bevorstehenden Nächte glatter Teppichboden doppeltes Panzerglas kurzfristiges Glück und Existenzminimum bitte hier sprechen flüchtig wahrgenommene Geste in den Kasten gesteckter Zettel weißt du moch man erinnert sich bestürzt Samstagabend, gute Stimmung das Basketballspiel Ellbogen an Ellbogen vor dem Schalter und diese Vorfreude in der Brust voller Preis die Leute vom dritten Rang Stehplätze in den Kurven Fahnen, Nebelhörner da ist man immer im selben Boot Scheinwerfer, Lautsprecher Nieselregen auf das gemeine Volk undurchlässige Freude rund um die bengalischen Feuer die große Menge beim Derby in kurzen Hosen zwischen den Netzen auf gefrorenem Platz sonntagsmorgens ohne Kabinen, mit zehn Jahren auf ein Ziel, ein Tor zu der Bus zum Ferienlager schreib uns mal, und viel Spaß das eigene Kind inmitten der anderen die Stirn gegen das blaugetönte Sicherheitsglas gepreßt vereinzelte Frauen, flinke Kinder Einzelgänger der Einkaufszentren säuerliches Neonlicht bleierne Diskomusik vakuumverpackte Hoffnung der Fremde, den man im Auto mitnimmt, der schweigt und schließlich einschläft den man in der Stadt weckt und beim U-Bahneingang absetzt dastehen ohne zu sprechen ohne verstehen zu wollen zu schnelle Nachricht vom andern Ende des Drahts, und nun hängt man nicht ein viel zu kurze Tage die zerbröckeln, zerlaufen unwiderruflich flüchtige Tage die eisglatten Flächen des Telephonbuchständers die Freunde, die sich verabschieden und zu weit weg ziehen die Geschäfte, die Nachbarn die Kinder, selbst die Jahreszeiten nichts ist mehr wie vorher die heimgekehrt sind die Großväter 14/18 die Väter 194o die Brüder aus Algerien ohne viel Aufhebens gelb, rot über das Steuer geneigt das Gefühl, sich in Zeitlupe im Kreis zu bewegen, Seufzen hermetisch abgeriegelt Straßenkreuzung wo man auf der Stelle tritt ohne miteinander zu sprechen man schaut sich um einer nach dem andern nichts geht mehr Chike wieder rein Zündschlüssel raus und stehenbleiben mit leerer Batterie bei so niedrigem Himmel Regen um sechs Uhr abends Horizont im Scheinwerferlicht die prompten Dramen auf den Ringstraßen Schlange auf der Autobahn Leitplanken der Fluß mit rosa Schaumflocken die ewigen Möwen die blauen Lauchfelder von Solaize Gas geben, überholen Bremse durchtreten, Vorfahrt grade Linie, voll aufblenden ein Tag geht irgendwie zu Ende die Leuchtziffern zeigen 2o Uhr der Sahel in den Nachrichten eisiges Lächeln Lotto hätte man spielen müssen Zubehör für den Kopf Sonntagabend Wettervorhersage, Werbung Programm wie gehabt großer Film wie gehabt das Herz auf dem Amboß und im Dunkeln die heimlichen Seiten dieser lange Roman in dem man einschläft im allerletzten Augenblick |