Chaque titre consiste en 1o feuilles sous jaquette. Avec une photo de l'auteur.
Dans l'ordre alphabétique:
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Daniel Abel: Vie première |
poèmes inédits
français - allemand
23 x 12 cm
3 €
Buriner le silence
iriser
sans briser
permettre au dire
de se défaire
de ses fers.
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Pierre Autin-Grenier: Légende de Zakhor |
français - italien - allemand
23 x 12 cm
5 €
"J'aimerais vous faire partager ma joie de ces derniers jours où j'ai lu
la Légende de Zakhor de Pierre Autin-Grenier. Zakhor, le souvenir,
la ligne de partage et de force où se déploie notre 'voyage d'hiver' (p.a.-g.),
Zakhor le souvenir, mais aussi le nom de l'arme qui fait le mal, et le cri
avorté pour ce / celui qui s'est perdu: 'Abandonnons-nous aux caprices
de l'incertitude; nous savons bien que nous ne faisons rien d'autre que
traverser plus ou moins péniblement les couches successives d'un
gigantesque rêve dont nous sommes les figurants hasardeux.'
(Citation de L. Calaferte en 4e de couverture)(...)"
(Philippe Rahmy, juin 2oo2)
"(...) Ici, la poésie (en prose) est la dominante, même si le récit affleure
à chaque pas. Une poésie des couleurs (à commencer par le bleu),
des sonorités (celles des mots comme celles de la nature), une poésie
du souvenir ('Zakhor' en hébreu signifie 'Souviens-toi'), de l'énigmatique,
du merveilleux, de la terre et des soirées paysannes. Le vin et l'ivresse,
la mer et la mort, la nuit et les oiseaux, le temps et les choses de la vie,
les portes et les fenêtres qui s'ouvrent... Thèmes et motifs se combinent
dans une écriture où chaque mot est pesé, où chaque phrase résonne
d'harmoniques et de vibrations. Chacun des titres est prometteur d'une
'présence', d'une 'vision', d'un 'voyage', d'une ouverture vers un monde
qui se recrée à chaque instant, par le jeu de la mémoire et de
l'imagination, et aussi par celui de la parole.
Ainsi, 'le monde peut continuer', et Rimbaud n'est pas loin lorsque
'nous descendons des fleuves somptueux, lovés dans la petite barque
de l'imaginaire'. Ainsi peut s'abolir le quotidien dans l'invention d'îles
'incertaines', dont la conquête instaurera la vie réelle. La mémoire de
la nature, d'un 'âge d'or' est porteuse d'un avenir, grâce à 'celui qui est
de toujours parmi nous et qui jamais ne décevr(a) notre attente'.
Légende de Zakhor, dix poèmes en prose qui ne se satisfont pas
d'une lecture superficielle. En même temps, se laisser conduire
par cette prose poétique relève du vrai plaisir de la lecture, celui qui
laisse au fond de nous quelque espoir inexplicable."
(J.P. Longre, in: sitartmag, juin 2oo2)
"(...) Du pur Autin-Grenier à siffler comme un Picon-bière dans le
bar consolateur d'une province haïe."
(Le Dauphiné libéré, Vaucluse Matin, 15 juillet 2oo2)
"(...) C'est un peu une autre manière de P. A.-G., le mot légende l'indique bien.
Plus fantastique, plus merveilleux, plus sacré. Il y a une distance sensible
avec le narré. On est en dehors du temps et des repères quotidiens, on est
dans le générique et l'unique. Tout devient stylisé et idéalisé. Même si on
sent comme le poids d'un destin, d'une tragédie permanente, même si on
devine le caractère historique, presque biblique du personnage principal,
on est dans un univers assumé de fictions symboliques où l'on peut
croire enfin à l'impossible, fût-il amer."
(Jacques Morin, in: Décharge, no 115, septembre 2oo2)
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Jacques Canut: Sabliers |
édition originale couverture: Claudine Goux français - portugais du Brésil - allemand traduction en portugais du Brésil par Irineu Volpato 23 x 12 cm 3 € "(...) Du haut de ses bientôt soixante-dix ans, Jacques Canut regarde jeunesse et passé, avec sagesse et mélancolie. Une petite pointe, une émotion. Comme un nuage de lait dans la nuit torréfiée." (Jacques Morin, in: Décharge 1o1, mars 1999) |
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Antoine Emaz: Je ne |
édition originale couverture: Djamel Meskache français - arabe - allemand traduction en arabe par Aïcha Arnaout 23 x 12 cm 5 € "Une de ses élèves, immigrée récemment, ne parle presque pas; elle dit juste 'Je ne'. Antoine Emaz interroge ce silence, la possibilité même de parler, le transport dans une langue étrangère ignorée, la lutte silencieuse de qui cherche à comprendre, deviner, communiquer sans dire un mot. (...)" (Laurent Grisel, in: poesieschoisies.free.fr) "(..:) - Dans Je ne, vous nous confrontez à la difficulté de communiquer pour une personne qui ne parle pas la langue du pays dans lequel elle vient de s'installer. C'est aussi l'expérience du professeur que vous êtes face à une élève d'origine algérienne. Dans cette confrontation, il y a néanmoins un point commun qui vous rapproche de votre élève: aucun de vous deux ne s'exprime dans la langue de l'autre. Quel sentiment alors vous domine? - Une confusion de sentiments, où dominent l'impuissance, de la pitié, et la révolte contre un système capable de mettre l'élève et le professeur dans cette impasse. L'impression d'une urgence d'agir, parce qu'il n'y a pas à accepter cette situation. Après avoir écrit le poème, j'ai compris qu'il s'agissait aussi d'une communauté d'expérience qui me touchait profondément: celle de vouloir sans pouvoir parler. Jaccottet note, je crois, qu'il y a un nécessaire passage par le muet; je crois cela très vrai. Le poème naît d'une émotion, et l'émotion nous prive d'abord des mots; dans le bouleversement, on ne sait quoi dire, on est bouleversé, c'est tout, y compris dans son langage. Le poème, ensuite, va être une première approche ou balisage de cette zone interne où il n'y a pas de mots, une façon de reprendre pied. - Dans ce collège de banlieue, en cinq ans, j'ai vu passer pas mal d'élèves venant des quatre coins du monde; ils avaient en commun cette souffrance de l'arrachement à une gterre, une famille, des usages. Bien sûr aussi, l'exil pouvait être vécu comme une chance par rapport à des conditions historiques ou économiques invivables dans le pays d'origine. Mais devoir quitter sa langue au quotidien reste une blessure profonde, même si l'apprentissage du français est une nécessité pour l'intégration sociale. Kierkegaard définit le tragique comme 'impossible nécessité'. Je crois que les enfants, d'où qu'ils viennent, traversent une phase tragique. (...) - Toujours dans le même recueil, vous écrivez: 'Comprendre / tout son visage / vite.' Pour vous, 'comprendre' s'inscrit, semble-t-il, dans l'urgence, alors qu'il faut continuellement composer avec la linéarité du temps? - Face à telle ou telle situation, oui, il y a urgence à comprendre assez pour réagir, sinon on s'habitue au pire, on ne voit plus. Dans ce cas précis, il faut aussi compter le temps de la lutte; la lenteur de l'administration française à accepter qu'il existe un problème et à mettre en place les solutions. Pour cette élève, tout a été trop long, c'est le sens triste de la fin du poème, mais c'est grâce à elle qu'une structure a finalement pu exister. Elle a bénéficié aux survivants. Mais sur le fond de votre question, vous avez raison: il faut beaucoup de temps pour 'comprendre', sans doute parce qu'il ne s'agit pas d'une opération intellectuelle, mais bien d'une somme d'expériences. Pour être touché par la souffrance de l'autre, il faut d'une autre façon l'avoir vécue soi-même. Alors, on écrit et on lutte, non par principe, mais dans une sorte d'évidence de l'inacceptable. - Est-ce par excès de confiance dans les mots que vous affirmez qu'un poète, 'c'est peut-être quelqu'un qui, à tort ou à raison, veut des mots là où il n'y en a pas'? Les mots rassurent-ils? - Non, les mots ne rassurent pas, c'est clair. Parfois, ils peuvent bercer une douleur, parfois ils l'avivent. Mais ils ne changent rien au monde, et celui-ci n'est pas rassurant. Cependant, ce serait une erreur d'en conclure que la poésie est inutile: de façon minimale, j'en conviens, elle maintient une conscience lucide, le refus de l'injustice et de la violence, le désir d'un monde où tout un chacun pourrait respirer librement, et plus largement la survie de cet 'espace du dedans', pour reprendre un titre de Michaux. (...)" (Entretien d'Antoine Emaz avec Slaheddine Haddad, dans le journal tunisien Le Renouveau, 6 septembre 2oo3) "LA PAROLE TUE LA PAROLE Dans un poème intitulé Je ne, Antoine Emaz nous confronte à la difficulté de communiquer pour une personne qui ne parle pas la langue du pays dans lequel elle vient de s'installer. 'Je n'existe pas dans cette langue', telle est la clef de ce poème inspiré par l'expérience du professeur (Antoine Emaz) face à une élève d'origine algérienne qui ne parle ni ne comprend notre langue. Comment communiquer et faire en sorte que l'élève puisse suivre, au moins partiellement, les cours? Et quelle est cette prison qu'est la non-communication? Par touches successives, nous nous approchons d'une certaine vérité que le silence, l'absence de mots rendent plus transparente, non parasitée par le brouhaha des syllabes. Une vérité humaine rentrée dont on pressent qu'elle touche à l'essentiel, au funambulisme de la vie. Les mots du texte sonnent juste, comme en résonance avec les non- mots de l'élève, avec cette souffrance muette dont le visage est le seul parchemin et qui nous parle de nos propres manques. (...) quelque chose ne passe pas. Solitude. Désespoir. Révolte. Et puis l'infime certitude que tout cela n'est pas vain, qu'un peu de terre se trouve plus meuble, que l'on s'est avancé, à paetits pas, vers un ailleurs qui nous échappe tout comme un horizon." (Daniel Leduc, in: @xé libre, avril 2oo2) "Un poème d'Antoine Emaz c'est dur. Ça tient du silex. C'est dur et coupant. Mais aussi c'est du feu. Un feu rentré. Un feu qui couve, rouge, en dedans de la pierre gris noir. Ça coupe et ça brûle en même temps! Comme tous les vrais poèmes? Comme la révolte en tous cas. Son dernier livre Je ne coupe et brûle plus que jamais. 'Je ne': un visage d'enfant, une élève 'primo-arrivante' (c'est le jargon educ nat) d'origine arabe, un visage muet, 'sans pouvoir dans l'autre langue' et 'comment lire un visage réduit au silence' (...) Face à ce visage, un sentiment d'impuissance 'on ne supporte plus et on ne peut laisser ainsi' et puis aussi, la colère qui monte, la révolte: 'la colère tenace la tension longue' Ça brûle tout ça, le silence impuissant et buté de l'Autre, sa propre impuissance, la colère, la révolte. Et quand la brûlure s'apaise, quand le visage 'se fond / à d'autres', reste à en garder la trace, et de la brûlure et de la rage: c'est le travail du poète, son oeuvre en rouge et noi. Dur travail." (in: Noniouze, no 12) "(...) Style lapidaire, où l'image est impitoyablement traquée; on est dans les mots, au lecteur de se débrouiller, sans lumière, sans clair de lune. Il faut lire et relire pour apercevoir un sens, une cohérence qu'on recherche avec ardeur et volonté; on veut pénétrer, au moins un peu, cette langue aride, âpre, qui ne se laisse pas faire. Il y a, à proprement parler, une lutte concrète, physique entre l'oeil et la ligne, ou les vers qui défilent, se défilent et se referment. (...)" (Jacques Morin, in: Décharge, no 112, décembre 2oo1) voir aussi: www.remue.net/cont/emaz.html |
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Françoise Hàn: Mises à jour |
édition originale couverture: Rodolphe Perret français - anglais - allemand traduction en anglais de Andrea Moorhead 23 x 12 cm 3 € "(...) voilà un poète au regard ample qui embrasse l'humanité dans son histoire depuis les grottes préhistoriques (...) (Lucien Wasselin, in: Rétro-Viseur, no 78, oct - déc 1999) |
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Gaspard Hons: Paysages liminaires |
poèmes inédits
couverture: Cécile Vandresse
français - allemand
23 x 12 cm
3 €
"(...) Gaspard Hons poursuit dans l'encrier
précaire / le ressac des voyages spirituels, pour ne pas dire
religieux, dans un monde où pourrit la hutte du vigile, depuis
Le jardin des morts heureux jusqu'à ces Paysages liminaires,
ramassés, laminés dans quatorze septains, polis à la main
et superbement portés vers l'allemand par Rüdiger Fischer.
Dans une genèse insaisie, le poète développe, agrandit en les
minimalisant, les paysages réels, matériels - tel le mont Fuji
où j'ai pu franchir, je ne franchis pas, écrit André du Bouchet,
cité en exerfue - pour les intérioriser, les intégrer aux visions
intérieures, à ses vision et pratique du monde, de l'aube des
traces éparses jusqu'au regard maternel / cousu dans l'étendue,
de la dérive d'un météore probable à la fugue d'un filet d'eau et
des soupirs des boeufs aux lampées des charniers.
C'est dire que le lecteur attentif, prêt à suivre la conseil celanien
- il faut lire et relire encore jusqu'à ce que le sens multiple
jaillisse - verra se dérouler sous ses yeux et dans ses mains,
sur dix feuillets dépliables, l'histoire du monde, depuis Déplié,
le temps étalé - d'aucuns parleraient de big bang ou de big
crunch - aux typographes nocturnes, l'histoire des victoires
et défaites de la pensée, de Spinoza à Heidegger, d'Héraclite
au peintre japonais Muki, sans oublier Celan ou Lévinas, et
l'histoire personnelle, intime, de l'auteur.
Escalade des mots, des thèmes honsiens: l'abreuvoir, la lampée
des charniers, précédée du piétinement des troupeaux, les
six kakis sur une estampe palimpseste, suivis des faïences
pulvérisées, le potager en février, le caillou, la montagne et
le soleil ascensionnel en équilibre instable pour ultime injonction
aux vivants:
Paysage saisi au coude.
Contrées de faïences pulvérisées
des bottes de paille meurtrières.
Aux prises avec l'écume
les pinceaux des torrents.
Injonction aux vivants
à l'aplomb des récoltes.
Vivre, survivre, dans poudreux brasier des mots / meule
cognant le texte, aux cassures des saisons, c'est jeter des
ponts suspendus entre deux rives à jamais injoignables:
poussières ou semences.
Gaspard Hons sait, avec André du Bouchet, que
écrire
pour ne pas rester
les mains
nues
...pour que mon poème serve
de route
à ce que je ne connais pas
Qui a parlé de Grenzsituation?"
(René Welter, in: Tageblatt, 21 février 1997)
"(...) Paysages liminaires disent la 'Genèse insaisie',
c'est-à-dire ce moment mythique où tout se crée dans l'instant
même de la création, où les origines du monde et du moi se
confondent pour effacer du cadre la face humaine tant haïe
(Baudelaire). Ici, lignes flottantes (fondantes?) des mots,
tremblé de la trace, de l'empreinte qui fait signe mêlent au
Poudreux brasier des mots les contraires: ombres et soleil,
pourriture et rejointoyeurs. (...)"
(Michel Lamart, in: Le Mensuel littéraire et poétique, no 247, février 1997) |
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Robert Piccamiglio: Chemin sans croix |
texte inédit couverture: Viko Bauer français - allemand 23 x 12 cm 3 € "Piccamiglio va faire une petite virée avec Jésus Christ. On parle de fric, on croise une femme en cloque qui porte bas. On cause un moment sur un banc métallique. On sait pas si on a bien fait. 'Homme de bonne / ou mauvaise volonté / faudra pas être trop regardant / sur la provenance du fric / billets secs ou froissés / ou clous tachés de sang. // Ou le contraire / mais quelle importance? / Personne ne se rendra compte de rien.' Piccamiglio poétise comme on parle, ne pèse pas ses mots, les laisse pisser contre le temps qui file, garde le contrôle juste ce qu'il faut de foi en l'écriture. Chapeau." (Yves Artufel, in: Gros Textes, no 17, été 1997) "J'aide Jésus-Christ à s'arracher de la croix. Ça commence comme ça et on va faire un tour rythmé par billets secs ou froissés / ou clous tachés de sang sous un ciel baudelairien; c'est une déambulation onirique à la recherche du monde ou d'une petite vérité mais personne ne se rend compte de rien." (J.-C.Belleveaux, in: Comme ça et autrement, no 1o) |
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Laura Ravaioli Rossi: Echos |
édition originale avec des illustrations par l'auteur italien - français - allemand traduction en français: S.E.Bertrand Fessard de Foucault traduction en allemand: Renato Vecellio 23 x 15 cm 1o € |
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Annie Salager: Le poème de mes fils |
français - allemand 23 x 12 cm 3 € Mes enfants de satin petits enfants de fête vous m'êtes neige d'alouette rosace illuminée flore et faune de mon pays grenier d'eau vive (...) |
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Sotiris Tsambiras: Grains ramassés |
grec - français - allemand traduction en français par l'auteur 3o x 14 cm 8 € SOUVENT Souvent, maintenant que tant d'années sont passées, je reviens dans ce square paisible, aux confins de la ville. Je fais semblant de lire mon quotidien habituel en m'appliquant derrière mes lunettes à double foyer; cependant, discrètement, j'espionne la vie en épiant les gestes des arbres, les yeux des enfants, les lèvres des filles, l'ennui des passagers des autobus, mais surtout le vol des oiseaux, présage de départ. |
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René Welter: Silence sarcophage |
couverture: Roger Bertemes français - anglais - allemand traduction en anglais de Janine Goedert 23 x 12 cm 3 € "Depuis quelques années le poète luxembourgeois René Welter s'inscrit discrètement dans la démarche poétique actuelle, à première lecture sur un mode incommentable. Ses poèmes, ses amas dépouillés, cristallisés laissent le lecteur dans un état proche du mutisme. Ses poèmes se nouent, s'étranglent et se dérobent à chaque approche; ils découragent le lecteur pressé de vouloir comprendre au premier abordage. Ses poèmes ne relèvent ni de l'irrationnel, ni de quelque procédé hermétique, ils sont plantés, fixés dans le réel le plus proche, ils s'inscrivent dans l'humain le plus humain. Sans doute demandent-ils un travail de dialyse langagière. Les poèmes de René Welter existent comme existe la main qu'ils tentent de saisir, de prendre à témoin, tout en se glissant dans une suite de cercles concentriques, de cycles logiques. Vu de loin, chaque poème est un élément d'un tout, capable de fonctionner seul. Un poème n'ayant connu qu'un tirage limité, Tenebrae, en est l'exemple significatif. L'ultime mot du poème, cyclamen, joue sur la notion de cycle, de fin de cycle, sur la notion d'un amen très sec, ne négligeant en rien la fleur que nous connaissons, qui fleurit là où elle fleurit. Le présent recueil, publié une première fois en 1991 (éditions Tétras Lyre), approche, la mémoire des dates aidant, la double profanation, celle du 26.4.86, prolongeant celle de l'an 41 (41 ans avant 1986): Hiroshima (1945) et Tchernobyl (1986). Il faudra couler deux éternités / dans la moindre lézarde / du silence sarcophage. Si le poète est témoin à charge d'événements extérieurs, sa relation à l'écriture est aussi d'un autre ordre, indissociable de son état d'être au monde. Le poème de René Welter superpose les faits du monde et ceux qui peuplent sa mémoire. Il trace une ligne continue entre ce qui est et ce qui refait surface lors d'un travail de remémoration. D'où une écriture mêlant les traces d'un dire franc et celles lui échappant. Dans les textes de Silence sarcophage le poète porte aux lèvres des vivants le poids des cendres anonymes (oubliées?), et celles d'un être proche. Le père? (...) Ailleurs le langage symbolique du poète inverse la relation mort-vie. Il retrouve le premier balbutiement. Le chasseur devient passeur. Où le sarcophage mange la chair, le champ de blé amorce le plaisir à haute chair: nous longions le champ de blé / tu prenais plaisir / sous la soie d'un feu retroussé. Reste à relire l'ensemble de l'oeuvre de René Welter en remontant vers le point radiant et récurrent mêlant le signifiant et le signifié de trois maitres-mots: neige, cendre, sperme." (Gaspard Hons, in: Le Mensuel poétique et littéraire, no 26o, avril 1998) |
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