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Paul Badin: Chantier mobile |
illustrations: Gérard Houver français - allemand 7o pages, 21 x 13 cm 8 "Écrivain fortement enraciné dans son Anjou natal et dans le Pays de Loire, Paul Badin n'a pourtant rien de régionaliste, et ce Chantier Mobile, tout comme celui de l'ensemble de son oeuvre, en témoigne. Son écriture à la fois élégante, puissante, généreuse et universelle, où le bucolique, la nature, ici brumeuse là tourmentée, le rythme de la Loire, cèdent fréquemment à la violence du révolté, le démontre. Voyez donc, comme... ...les nerfs du monde se tendent certains craquent / l'info nivelle en tout lieu à toute heure / consciences submergées le recueillement seul supportable / pourtant ce village dans sa paix sous sa coiffe d'église / guerre quelle est ta victoire. L'absence de point d'interrogation vous dérange? Et pourquoi? Là où Daniel-Rops s'interrogeait sur un vague à l'âme narcissique appelé mort, Paul Badin, lui, affirme une tragédie omniprésente, mort incluse. Tout comme il dénonce: le sabbat des faux toujours s'abat de haines aveugles en laboratoires volants sur peuples entiers / longtemps des ceps les rameaux tranchés pleurent la sève montante // ivres bouchers toujours / prêches illuminés toujours / haines et enfers toujours // l'indifférence aussi assassine tandis que s'exécute le bal des bombes / là est la question. Qu'ajouter à ces vers tirés d'une prose poétique se gaussant des conventions et vous menant, amis lecteurs, de la garenne champêtre à tous les enfers du monde, en passant par ces lieux où végètent dans une indifférence douillette les héritiers de ceux qui jamais ne furent vivants? Qu'y ajouter, sinon... notre lecture passionnée? Et je profite de cette présentation, pour saluer ce remarquable graveur que Paul Badin semble affectionner, et à raison! Car les cinq gravures qui illustrent ce recueil sont de véritables oeuvres d'art. L'artiste arrivera-t-il à suivre le rythme frénétique que l'écrivain imprime à son chantier mobile? (Giulio-Enrico Pisani, Journal du Peuple luxembourgeois, 04/10/06) "D'emblée, c'est le caractère mobile qui saute aux yeux, même si les illustrations de Gérard Houver indiquent immédiatement que le dépôt, le stable, le minéral, ce qui reste une fois que quelque chose a passé, ne sera pas absent du livre qui s'ouvre à nous. Malgré, ou avec les espaces blancs ici ou là plus importants que d'autres (les pages 26 et 50 sont blanches), l'ouvrage de Paul Badin se présente comme un long texte dont les strophes pourraient parfois constituer à soi seul un poème, mais sont également et surtout là comme les moments successifs d'un même poème souple et grave. Car le chantier mobile est tout à la fois celui que l'on rencontre sur la route, avec ses casques jaunes, ses seuils saturés de câbles, et une lente déambulation dans l'Anjou, dans la journée, dans le monde, dans le temps présent, dans le temps qui rend présent même le plus lointain (Des éclats d'Irak blessent jusqu'à ces douces collines), même ce qui va être ou se faire avec cet avenir qu'aspire une fille entr'aperçue. L'auteur (le lecteur avec lui) y est comme accueilli, bienvenu (J'ai trouvé gratitude dans le vase précautionneux des coquelicots), et pourtant, quelque chose continue de lui manquer ; quelque chose comme ce qui a été en lui, ou qui aurait pu être, en lui et hors de lui (la mer ne guérit pas l'exil). Ce qui est au contraire affirmé discrètement, sans ostentation, c'est une sorte de basse continue, comme le frottement permanent de l'archer sur quelques cordes du violoncelle (vu de l'espace un vide exclusif immense et noir / vu de la terre la nuit hiéroglyphes d'étoiles / l'esprit humain seul entre presque sens et non sens). Etrange combinaison de l'amour, du sentiment d'être partie prenante de l'univers (réminiscence d'une Asie chère à l'auteur ?) et de profonde solitude, où le langage est tantôt le lieu fertile, et comme tranquille ici, de la poésie, tantôt l'écho de la voix humaine dans ce qu'elle a de pire et dans la plus salutaire des inquiétudes. Paul Badin s'interroge-t-il sur ce qui fonde notre commune et sa propre raison d'être là ? La question, en tout cas, n'est pas affirmée comme telle. Pas besoin : la poésie est là dans une sorte d'évidence qui met tout en évidence. Le chemin se fait, voilà. Et la volonté de faire est là, en même temps que le faire. Si le lyrisme a souvent voisiné avec le chant hagiographique des héros ou des dieux, ce dont nous parle Paul Badin, dans la tonalité discrètement lyrique de son chantier, c'est d'un héroïsme plus intime, celui qui consiste à mettre chaque matin la machine en marche. Et la traduction allemande, due à l'éditeur Rüdiger Fischer, apparaît, sur la page de gauche, comme l'ombre immédiatement portée de la parole qui la précède. Présence d'une autre langue, comme un premier pas vers l'autre langue du paysage que Paul Badin, aussi, traverse, charrie, traduit. (Yves Jouan, N4728 n° 11, janvier 2007) "Paul Badin donne sous un bon titre une série de notes poétiques touchant un certain nombre de thèmes ; d'une façon non exhaustive : l'amour, l'enfance, la guerre, l'amour, la mer et bien d'autres choses moins classables si aisément. Un bon titre, en effet, car qu'est-ce qu'un poème, semble-t-il dire, si ce n'est quelques vers qu'on peut reprendre ici ou là, quelques strophes modulables qu'on déplace avec soi et qui ne s'achève qu'avec la publication, et encore provisoirement. J'envie aussi du vide l'ordre voluptueux La disposition de ces " notes " finit par rappeler la forme d'un journal poétique en train de se faire, vue de la terre la nuit hiéroglyphes d'étoiles qui pourrait présenter un ordre différent, et se continuer de la sorte. L'animateur de la revue angevine N4728 donne quelques instantanés qu'il retouche à mesure, capte quelques flashes qu'il contraste après coup. Le cur reste à l'écoute du monde. Guerre quelle est ta victoire? (Jacques Morin, Décharge, n° 132, décembre 2006) |
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Gérard Bayo: Dans la baie du silence |
couverture: Nicolas Damianakis français - roumain - allemand traduction en roumain par Horia Badescu 217 pages, 21 x 13 cm 1o "(...) Pour un visuel comme Gérard Bayo, la poésie naît précisément là où se rejoignent deux silences, le sien et celui du lecteur, au point de jonction dont l'équivalence spatiale est la Baie, là où son silence absorbe celui du lecteur afin de parvenir à parler la langue de l'universel (...)" (Cristina Tescula, in: Steaua, Cluj-Napoca, I / 2oo2) "(...) vous renouez avec ce qui reste d'humanité en nous. Votre parole est précieuse comme du bois pour faire le feu dans un pays de marais." (Jean-Pierre Lemaire) "Il y a chez toi cette façon d'aborder la réalité pour extirper d'elle des signes, des pistes. De là cette multiplicité de réflexions, ces retours sur le passé d'où le tragique n'est pas exclu. De là cette nostalgie que ne dissimule pas la joie." (Max Alhau) "Toujours tu t'inscris dans le concret, au plus serré, tes vers refusent toute facilité de déploiement, c'est ainsi qu'ils nous ébranlent, qu'ils nous arrachent, qu'ils nous questionnent sans relâche (...) une musique alors qui ne se rompt en apparence que pour nous obliger à poursuivre. Dans la résonance ainsi se réveillent les secrets. Merci pour ce grand livre." (Pierre Dhainaut) |
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Gérard Bayo: Instant donné |
couverture: Nicolas Damianakis français - allemand 144 pages, 21 x 13 cm 12 "(...) De ce poète si attachant par la voix qu'il a adoptée, on peut dire qu'il reste fidèle à une expression dense, brisée, se refusant à tout effet. Pourtant apparaît, à la lecture de ces pages, une volonté d'appréhender le monde et les hommes par le biais du verbe et se dessine alors la confiance que Gérard Bayo place autant dans le poète que dans la pratique de l'écriture. Le poète se doit de deurer solidaire de toute destinée: il y a chez lui une sorte de responsabilité en face de ses semblables. Les mots, par leur présence, soulignent cette naissance sans cesse à laquelle ils contribuent. En somme Gérard Bayo situe la parole à l'origine de toute vie et de toute mort: "En nous seuls, ô mort / tu es au monde", écrit-il. Chaque homme, dans l'optique de Gérard Bayo, se trouve détenu par une parole qui se manifeste comme une langue commune permettant l'approche d'autrui auquel il se confond. De l'un à l'autre il existe cette réciprocité qui nous lie autant aux vivants qu'aux morts: "Tu ne parles pas. Parle / En toi la langue. La mienne, / La tienne" et également: "Il n'est pas vrai que les disparus / dès lors se sont tus". Toute la force du discours poétique réside dans la vision d'une humanité fondée non seulement sur le langage mais aussi sur le désir d'une unité dont tout être est le ferment. Pareille conception laisse à l'homme sa part de solitude, mais le confond à tous ses semblables, c'est ce qu'exprime Gérard Bayo dans ces vers à la tournure impersonnelle: "N'être pas même / seul, mais solitude". Dès lors comment ne pas comprendre que la poésie est étouffée par notre civilisation d'une sécheresse douloureuse contre laquelle Gérard Bayo sait qu'il faut lutter. De là la nécessité d'une écriture détentrice d'une beauté, d'un espoir battant en brèche la souffrance, un espoir légué à nos descendants: "Ne s'est pas / refermé cela que tu voulus / pour nous: resplendit, / tressaille et resplendit / déjà pour ceux qui viennent". Hanté par les fléaux qui ont ravagé des peuples entiers, par la guerre d'Espagne et les camps d'extermination nazis, Gérard Bayo se tourne vers notre temps et nos frères humains: sa poésie témoigne en faveur de "la bénédiction de / la rencontre". En ces temps de disette affective, il était bon que la voix de Gérard Bayo, pudique et retenue, nous rappelle cette nécessité d'être présent à l'autre." (Max Alhau, in: Aujourd'hui poème, no 57, janvier 2oo5) "L'ouvrage, publié en Allemagne, paraît en édition bilingue, la traduction étant due à l'éditeur, Rüdiger Fischer. Dès le titre, celui-ci prend une option: Instant donné = Geschenkter Augenblick, 'instant offert' et non 'certain instant'. Le lecteur français doit-il se rallier à cette coloration imprimée à l'ensemble du livre? Probablement non et il préférera garder la polysémie du mot 'donné'. Dans un sens, il s'agit bien de l'instant remis en don à nous autres mortels, pour qui il n'est pas de retour: cette idée revient avec insistance, elle inspire une supplication adressée au 'sans-retour éternel'. Dans un autre sens, c'est à un instant donné que le poète saisit le monde dans son regard, avec acuité et précision. Et les deux sens, dans le livre, ne s'éloignent pas l'un de l'autre: 'Dans ton visage la lumière, / la nôtre, celle // qui toute appartient au mortel. Ciselés derrière / les peupliers // noirs, les clochers.' Un autre thème récurrent est que la terre n'existe que par la présence humaine. Il n'est pas question seulement du paysage - notion et mot que le Moyen Age a ignorés - mais de la terre même, considérée dans le rapport consubstantiel que les humains ont avec elle, de sa perpétuation dans leur mémoire. 'Si nous cessons / de naître, Macha, jamais la terre / n'aura été.' En cela, elle est à part des autres planètes, qui 'hors / du temps se côtoient / s'observent'. De cette planète nôtre, divers lieux sont mentionnés, un port de la presqu'île de Quiberon, d'autres endroits en Bretagne, un village des Ardennes, le miroir de Scey près d'Ornans, une rade, une source, la neige sur la mer, chacun d'eux est comme un instantané, chacun d'eux est ou fut un instant donné, en même temps que menacé ou déjà repris. La terre est vie, elle est mort aussi, les deux sont inséparabales. 'En nous seuls, ô mort, / tu es au monde' puisque seuls les humains ont conscience de la mort. Cette dernière est évoquée souvent dans Instant donné, dont un poème 'en mémoire de toi' laisse supposer qu'elle n'est pas seulement un objet de méditation, mais l'expérience concrète de la mort de l'autre. Elle n'a pas accès à la lumière, elle est l'interruption de l'échange, de la parole. Le 'tu' de Gérard Bayo est énigmatique en ses désignations multiples. Tantôt il s'adresse à une femme, Macha, tantôt à un ami ou peut-être au locuteur lui-même, tantôt à une entité innommée, à qui il est demandé de rassembler, aussi de commencer,qui est seule à parler dans le chaos qui remonte des enfers. Quel qu'il soit, 'tu' peut-il sauver le monde actuel? 'Le danger croît / où nul ne sait. // Pas si / invisible que ça / l'enfer.' Que peuvent les mots du poète? On les a vus, au cours des pages, ayant pour attribut la douleur, ne pouvant s'abreuver à la lumière. L'ultime poème ne ranome pas l'espoir: 'Des mots de mort / inapparente restent tapis, demeurent // aux miens confondus.' En ce cas, dira-t-on, pourquoi écrire? C'est l'énigme qui trace son chemin tout au long du livre, en une écriture justement très belle." (Françoise Hàn, in: Europe, 3/2oo5) Voir aussi l'article de Horia Badescu (Autre Sud, mars 2oo5), celui de Daniel Leduc (http://www.lelitteraire.com/article1254.html), et les pages 23 à 29 du livre Voix et pourvois d'André Doms, paru à l'Arbre à Paroles. |
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Gérard Bayo: Ressac de lumière |
couverture: Nicolas Damianakis français - allemand 156 pages, 21 x 13 cm 12 Sur km 34o et Ressac de lumière: "(...) De livre en livre, Gérard Bayo s'interroge: comment l'humanité a-t-elle pu déchoir jusqu'aux camps d'extermination? Cette question atteint dans km 34o sa qualité de voix la plus haute. (...) Appel est fait à une mémoire sans apaisement: 'ne t'éloigne, orage de la mémoire.'Le poète se tourne, comme il l'a fait dans un recueil précédent, vers Macha (Rolnikaite). Survivante du ghetto de Vilnius, adolescente alors, elle a tenu son journal de 1941 à 1945, de Vilnius au camp du Struthof. (...) A ces défaites de l'humanité qui marquèrent le XXe siècle, km 34o oppose ce que Gérard Bayo dit être une 'fragilité de pétale', mais qui seule peut transcender la malédiction: une parole poétique très pure. Ressac de lumière a paru juste avant (km 34o) et l'écriture des deux ouvrages semble bien contemporaine. On y trouve des thèmes communs: la mémoire, le silence et surtout les mêmes questions angoissées. Comme le titre l'indique, la lumière tente ici de fréquents retours, mais sur un mode plutôt dramatique. Elle est vue en 'abîmes de lumière', elle 'emplit tout l'espace / de l'absence', les adjectifs qui la désignent - parfois 'acérée', parfois 'pesante' - la rendent plus inquiétante que libératrice. Il arrive qu'elle soit captive ou exilée. La parole se cherche dans quelques pages qui paraissent tenter la mise au point d'un langage, à moins qu'elles ne soient la dérision de l'indéchiffrable. (...) Ni l'une ni l'autre oeuvre ne propose de consolation, Le dernier poème de Ressac de lumière dit bien que 'le chaos s'estompe', mais la vision qu'il offre est ambiguê; 'L'enfant difforme / est par la main tenu. Avec lui tu poses / un caillou dans l'air.' La force de la parole de Gérard Bayo est indissociable de son pessimisme. En même temps qu'elle est - comme le journal de Macha - résistance au désespoir." (Françoise Hàn, in: Europe, novembre 2oo6) "(...) l'aboutissement d'une oeuvre en tous points remarquable. On connaît l'attachement de Gérard Bayo à Arthur Rimbaud mais aussi sa grande maîtrise de la langue poétique, qu'il pratique depuis son remarquable premier ouvrage, Les pommiers de Gardelegen, préfacé par Pierre Emmanuel et publié par Chambelland en 1971. On connaît ses livres ouverts sur l'insomnie, pliés au souffle du voyage et aux regards de ces peuples étranges qui balisent les frontières et chahutent nos habitudes. Gérard Bayo évolue dans un univers où les mystères de l'écrit rejoignent ceux de l'histoire des hommes égarés sur une terre dont ils ne possèdent que la couleur indéfinie et parfois le goût âpre de l'herbe mouillée (...)" (Jean Chatard, in: L'Arbre à paroles, no 131-132, Amay 2oo6) "(...) Livre exigeant aussi par sa gravité. Toute une partie du recueil, ( )RRASQUE, est, comment dire, illisible de prime abord. C'est que ce texte, ainsi que le dit Gérard Bayo, 'provient des témoignages découverts à Auschwitz dans des bidons et bouteilles, manuscrits rongés d'humidité, lisibles / illisibles. D'où les parenthèses et points de suspension' (commentaire inédit en date du 11 mai 2oo6). Sans doute ce commentaire aide-t-il le lecteur, mais en l'absence de tout commentaire, le même lecteur peut être sensible à la fragmentation de ce texte, au blanc mis entre parenthèses, au blanc de la page qui ronge le noir des mots (...)" (Lucien Wasselin, in: Rétro-Viseur, no 1o6, février 2oo7) Voir aussi l'article de Horia Badescu dans Autre Sud, no 34, septembre 2oo6. |
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Serge Bec: Suite pour une éternité |
illustrations: René Métayer
provençal - français - allemand
version française de l'auteur
16o pages, 21 x 13 cm
12
"Serge Bec n'est pas un poète qui a fait du langage un jeu.
Chacun de ses poèmes est reliè à ce qu'il a ressenti au plus
profond de lui-même. Les événements de sa vie, tout comme
les tragédies collectives qui le touchent, sont une sorte de
fil continu de son inspiration. Parfois les deux coïncident
et jaillissent entremêlés dans son lyrisme. Ce fut le cas
par exemple dans son recueil Memòria de la carn où la
douleur de la séparation d'avec son épouse s'exprimait
sur fond de guerre en Algérie.
À d'autres occasions, Serge Bec s'est plus spécifiquement
exprimé sur des événements qui ne bouleversaient pas
directement son quotidien mais engageaient sa conscience
d'homme solidaire. Ainsi de sa Balado pèr Lili Fòng au
moment de la guerre du Viêtnam, de Sesoun de Guerro
pendant la guerre du Golfe.
Avec Suito pèr uno eternita, il nous fait partager un
épisode douloureux de son existence. En effet, un
accident de santé a plongé sa femme Annette dans le
coma, lui faisant craindre le pire. La photographie à la
fin du livre, qui montre le couple réuni et complice, nous
rassure quant à l'issue, bien avant que nous ne soyons
rentrés dans le corps même du texte.
Celui-ci se livre à nous dans une première partie de poèmes
très resserrés, très épurés qui traduisent toute l'angoisse
que le poète a pu ressentir alors qu'une séparation définitive
était envisagée. Mais le propre de l'amour est de ne pas se
résigner devant les mauvais coups du sort. Il arrive alors que
ce combat ne soit pas vain.
Dans la deuxième partie de cette suite, le style se délie, les
vers trouvent une amplitude. Comme si la souffrance avait agi
en profondeur dans le coeur et la conscience du poète. Comme
si elle l'avait ouvert sur une dimension que la vie ordinaire ne
permet pas de saisir:
Je sais maintenant, mon amour de lumière
qu'au plus profond de ton souffle
niche la transparence de l'éternité.
En même temps qu'il a retrouvé toute la puissance de ses
images, le poète a repris le chemin de l'espoir. Ce livre
poignant est préfacé par Raymond Jean qui n'oublie pas
de souligner la dimension cosmique de la poésie de Serge
Bec: 'ces poèmes donc avancent, en nous parlant de la
lumière comme du désir, d'une rivière aux oiseaux comme
du clignotement des étoiles, des arbres morts comme des
fontaines de vie'. (...)
(Jean-Luc Pouliquen, in: Autre Sud, no 2o, mars 2oo3)
"L'HOMME QUI MURMURAIT DES MOTS D'AMOUR
Serge Bec, écrivain, a passé deux mois au chevet de son épouse
dans le coma. Elle s'est réveillée. Il publie les mots qu'il lui
adressait alors, pour l'exhorter à vivre
Dans le dernier film de Pedro Almodovar, 'Parle avec elle', un
infirmier amoureux entoure de soins et de paroles une jeune
femme dans le coma. On a tous rêvé, un jour, de ranimer ainsi
un être aimé par la force des mots. Pour Serge Bec, ce rêve est
devenu réalité, après deux mois passés au chevet de sa femme
inerte, dans la bulle de verre d'un service de soins intensifs à
Marseille.
Pour Serge et Annette, sa femme, la vie a basculé le 11 octobre
1999. Ce jour-là, Annette est victime d'une rupture d'anévrisme.
Elle est hospitalisée, subit une opération du cerveau, et ne se
réveille pas.
'Je me suis retrouvé au chevet d'une momie. Il fallait attendre
qu'elle se réveille. Les médecins n'avaient pas de pronostic.
J'avais droit à deux heures de visite par jour, une le midi, une
le soir. On m'avait dit: il faut lui parler. Alors, je lui ai parlé,
sans arrêt, pendant deux heures tous les jours...', se souvient
Serge Bec. Ecrivain et poète de son état, il trouve les mots,
invente des histoires.
'Je lui parlais du quotidien, en l'enjolivant. Des chiens, des chats,
de tous nos oiseaux qui faisaient une ronde autour d'elle en se
tenant les ailes. Je lui parlais de la mort, de la résurrection, de
la renaissance. J'essayais d'être en elle par la parole, avec
toute ma force de vie. Je lui disais: tu ne peux pas ne pas
ressentir mon amour. Je terminais toujours par la même
exhortation: tu te lèveras, tu marcheras, tu parleras.'
Quand il les retrouve aujourd'hui, ces mots très intimes font venir
les larmes aux yeux d'Annette. Alors, il s'interrompt. Pour ne pas
se laisser submerger par l'émotion.
(...) Le soir, pendant les longues heures où il n'est pas à côté
d'Annette, Serge Bec couche sur le papier les mots d'amour
dits dans la journée.
Et puis un jour, l'inespéré est arrivé. 'Tout le monde m'attendait
pour me le dire. Elle avait ouvert les yeux le matin. Des yeux
qui me traversaient sans me voir. Jour après jour, le regard
est revenu.'
(...) Toujours à ses côtés, Serge a tiré de ses écrits nocturnes
une pièce de théâtre, Chant pour celle qui est dans le temps
perdu, donnée à Apt devant un parterre d'amis en larmes. Et
un recueil de poèmes (...) écrit d'abord dans la langue de
Mistral. Ce 'patois', jadis interdit à l'école mais parlé par tout
le monde à la minoterie familiale, est sa langue d'écrivain depuis
l'enfance. A 18 ans, il s'en emparait pour inventer, avec son ami
Pessemesse d'Apt, un 'surréalisme provençal' propre à décoiffer
la vieille garde félibréenne.
C'est naturellement à elle qu'il a eu recours pour dire, selon
la belle expression de Raymond Jean, le retour au jour 'à réinventer'
après la traversée de la nuit. (...)"
(Carina Istre, in: La Provence, 18 janvier 2oo3)
"Un hymne à l'amour éternel" (Viva, juin 2oo3) "Avec ce recueil, Serge Bec devrait toucher enfin les nombreux lecteurs que son envergure poétique mérite amplement." (Georges Cathalo, in: Rétro-Viseur, no 92, avril- juin 2oo3) "Quand la femme aimée déchire dans son inconscience les voiles de l'obscurité, seules les forces de l'amour peuvent dire non et oser cette pathétique exhortation: Mai t'aubouraras caminaras parlaras Aux portes de la mort, le pouvoir de l'amour est décisif; en témoigne le recueil de Serge Bec. Quand la femme aimée bascule dans le néant du coma, l'homme lui dit sans arrêt, pendant des semaines, tout au long des heures permises par le peuple des blouses blanches, les mots que dicte l'amour. Mots qui passeront l'enveloppe palpable, s'insinueront et atteindront les centres de l'être qu'ils réveilleront et rendront à la vie. Mots de l'homme que le poète transcrit pour cette composition disant la lutte de la lumière et de la nuit, suite pour une éternité, l'éternité qui appartient à ceux qui ont tissé avec les fils ténus de l'amour une forte complicité qui abolit le temps. Ce recueil bouleversant, sans équivalent à ce jour, n'est pas à lire, il est à suivre au rythme des battements du coeur, simplement... mais si intensément." (Michel Courty, In: Les Carnets de l'Astrado Prouvençalo, no 9o) "SÈRGI BEC, LOU POUÈTO L'istourian Ivoun Gaignebet a rescountra lou pouèto I.G.: Sias un ome dóu Luberoun. Poudès nous charra un pau de vosto enfanço dins aquelo encountrado mounte sias enracina? S.B.: Siéu nascu à Cavaioun en 1933. Mai, quàuqui mes après, mi parènt s'entournèron dins soun pais: Ate e Luberoun que devenguè lou miéu. Moun enfanço, la vese courre dins lou moulin - uno minoutarié proche d'Ate - de ma famiho peirenalo e tambèn dins la fournarié de ma famiho meirenalo à Viens, vilage à 15 kiloumètre d'Ate, sus lou platèu. Es aquí, d'uno part dins li colo, d'autro part dins Calavoun, un gaudre que passo davans lou moulin e mounte se tiravo l'aigo que lou fasié vira sièis mes de tèms (lis àutri sièis mes viravo à l'eleitricita), que faguère l'esperiènci de la vido dis ome e dóu travai, de la casso, di bèsti, dis aubre e di planto e... dóu 'patouas'! Malurousamen, ère souvènti-fes coucha, qu'aviéu d'asmo. Tout lou mounde m'adusien de BD, de revisto, de libre. Ere bramo-fam de leituro. Legissièu Jules Verne, J.O. Curwood, Jack London... Aviéu besoun di grands espàci, de respira à brand. E acò m'a jamai quita que siegue dins ma pouësio, dins ma proso, dins ma vido mentalo e fisico (ai besoun d'ana courre dins la naturo, sus li planestèu, dins li bos, que siéu cassaire). I.G.: Coume se soun debana vòstis estùdi? S.B.: Mancave souvènt l'escolo, la laïco, encauso de moun asmo, mai crese que fuguère un bon escoulan. Mis estúdi segoundàri, li faguère au Coulege d'Ate, uno meno d'Abadié de Telemo. Ere bon en francés e en filousoufio e coumprenièu rèn dins li matematico. Li proufessour me dounèron lou goust de la literaturo, de la pouësio e dóu tiatre (jougavian dos o tres pèço à la fin de l'annado). Après moun bacheleirat 'filousoufio' emé mencioun 'bèn' en 1951 crese, mi parènt vouguèron que m'iscrivèsse à la Faculta di Letro de z-Ais, que ma maire pantaiavo que sariéu un jour proufessour; malurousamen l'ai un pau deçaupudo, iéu pensave au journalisme, que signave deja uno pichoto crounico dins Le Dauphiné Libéré. Pèr paga mis estùdi fuguère 'pioun' à Arle, Tarascoun, Ais. La vido d'un estudiant-pioun d'aquéu tèms (lis annado 5o) èro un pau uno vido d'arlèri coume lou Bellaud de la Bellaudière: lou bistrot, li fiho, la pouësio... e pièi li estùdi(...) (Prouvènço aro, no 175, febrié de 2oo3) "Ecriture limpide charriant de temps à autre des métaphores très personnelles, nous sommes ici dans un univers tout à la fois mélancolique et suave, un univers où l'amour se confronte à la mort, à la non-éternité des choses, à la fragilité de l'être. Ce qui retient l'écoute, c'est en premier lieu cette musique que l'on dirait familière et que pourtant l'on ne connaît pas. Ces mots qui glissent les uns sur les autres tout en accrochant la lumière, en faisant ressortir les éclats du sens. Serge Bec parle de sentiments universels, de liens entre homme et femme et de leur déchirure, de leur arrachement douloureux car inconcevable. Il parle de l'amour comme on dirait les forces tutélaires de la terre et celles qui la brisent, la secouent, la malmènent. L'amour, c'est la nature en réduction, en transcendance aussi. C'est le choc de la vie avec les éléments. Il n'y a que le vent du nord qui déferle entre les cerisiers morts de ton enfance que le vent du nord qui dévale sur l'ultime frontière de ta vie C'est un chant proche du lied qu'entonne le poète avec des accents de désespoir et d'autres qui proviennent du plus profond du monde. L'univers est englobant telle une peau qui protège tout en maintenant le mystère. Ainsi la vision de Serge Bec est-elle cosmique même en ce qui concerne les détails apparents. Tout ce qui s'écrit dépasse tout ce qui est écrit et tout ce qui est écrit va au-delà de tout ce qui est lu. Il faudrait donc repasser les mots, les défroisser, tirer sur leurs extrémités pour en faire jaillir le véritable éclat. Là, c'est à vous, lecteurs, de travailler. Avec un grand plaisir. Car ce livre a la beauté d'un éclair qui se reflète dans l'eau." (Daniel Leduc, axélibre) |
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Jean-Louis Bernard: Aux laisses du temps |
couverture: photo de Michèle Dollmann français - allemand 74 pages, 21 x 13 cm 8 ____________________________ Quelques hommes aux rémiges d'or chasseurs obstinés à l'écoute du vent pauvre interrogent la terre au coeur des embusacdes ils n'ont que leur souffle pour tracer des strates au vif de la pierre ou de l'herbe drue ils invoquent le fleuve et conjurent les berges à même la glaise de l'estuaire ferventes leurs fièvres sous les halliers du temps qui dure _____________________________ "Jean-Louis Bernard entre dans la tradition ancestrale du beau langage. Le poème est avant tout construit sur un lexique moins précieux que précis, recherché et dont l'assemblage rutile. A partir de cette base choisie, le texte monte son armature impeccable. Quel que soit le sujet, le thème abordé, levers de départ donnera une série plus ou moins longue de strophes, n'excédant jamais une page en tout, au cordeau. On touche par l'élégance à la grâce. On est en pays de poésie." (Jacques Morin, in: Décharge, no 12o, décembre 2oo3) "Comme l'indique la version allemande de ce livre bilingue, les laisses, ce sont (Grenzen) les frontières du temps, et leur éventuelle transgression par le poète: 'Images contrebandières / allumées en silence au seuil / d'éternités cruelles.' Les laisses (de basse mer, de haute mer), ce sont plus précisément, dans la langue française, les terrains ou les sables découverts par le flux et le reflux des flots: ce que 'laisse' la mer quand elle s'éloigne. Cette valeur de sédimentation est également présente dans ce très beau recueil de Jean-Louis Bernard, dans sa méditation sur les marques à la fois profondes et insaisissables du temps (...)" (Poésie sur Seine, no 47, janvier 2oo4) "Dès le premier poème s'affirme la conviction, née d'un inlassable questionnement du sens, de mener quelque chose comme une quête: 'La parole / une histoire de chemins'. Quête vouée à l'incer- titude, itinéraire soumis aux aléas 'de l'éphémère et de la fuite'. Progression, travail dans la lenteur: 'La question seule / invente une route / fût-elle impraticable'. Mais aussi abandon à l'intuition, à l'instant qui dévoile: 'aucun pas n'est gagné / aucune parole / seule la trace / est porteuse du chant'. De cette écoute du 'temps qui nous cherche', porteur de mots qui affleurent à peine à la surface du silence, peut surgir 'l'insoupçonné de l'aube'. Jean-Paul Mestas loue à juste titre 'l'intonation comme aurorale' de la poésie de Jean-Louis Bernard. Cette ferveur attentive à déceler derrière le flux et le reflux des jours, un peu de ce qui nous fait 'entrer dans l'imminence', ce regard émerveillé porté sur 'le tremblé des saisons', on les retrouve avec bonheur dans Aux laisses du temps comme on les goûtait dans les proses du recueil précédent (Sous le ressac des solitudes, collection Jalons, Presses Littéraires, 2oo2). Soucieux d'entrelacer les images en un contrepoint aussi serré que sensible, le poète demeure celui pour qui l'essentiel est moins d'aller, de conduire la cohorte des mots vers l'indicible que de 'laisse(r) venir les chants désaltérés / la musique ajustée au plus près du désir'. On ne peut que se réjouir de découvrir ces poèmes en édition bilingue, la version allemande de Rüdiger Fischer proposant un autre éclairage, non moins attachant, à la parole de Jean-Louis Bernard: 'nichts als Atem werden / im Dunkel des Schnees / in seinen schwarzen Gliedern'. (Michel Passelergue, in: Arpa, no 81, novembre 2oo3) Voir aussi l'article de Gaston Marty dans Souffles, mars 2oo4, et la lecture par 'Alain Jean-André sur le site Chroniques de la Luxiotte. |
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Jacques Canut: Le grillon bleu |
avec 4 gravures sur bois de Heinz Stein chaque exemplaire, numéroté (de 51 à 6oo), contient aussi une feuille avec une de ces gravures, signée par l'artiste français - allemand 72 pages, 22 x 143 cm 1o les exemplaires du tirage de tête (numérotés de 1 à 5o), contiennent aussi quatre feuilles avec toutes les quatre gravures, signées par l'artiste 24 _____________________________ Engourdie dans la plénitude des siestes la maison s'imprègne d'un parfum de cires célestes, de conversations de vieilles pendules que l'usure d'un temps astique d'un chuchotement velouté. Quelque part - délice de fuite - une chaise claudique au pas gymnastique d'un évadé boiteux. |
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Odile Caradec: Vaches automobiles violoncelles |
ÉPUISÉ
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avec 32 illustrations en couleur de Claudine Goux
français - allemand
64 pages, 15 x 19 cm
"ce livre, outre ses qualités littéraires et picturales, est un petit miracle de l'édition artisanale. (...) Après avoir admité ces dessins d'une facture aussi humoristique que magnifiquement déroutante, après avoir souri à ces poèmes insolites à la fois calqués sur la dérision et une perception lucide de la réalité, vous ne regarderez jamais plus une vache, une automobile ou un violoncelle sans penser à ce livre étonnant où Odile Caradec et Claudine Goux apportent une fantaisie miraculeuse. C'est drôle, vif, intelligent et mis en page avec un incontestable talent. Bravo! Bravissimo! à ces trois artistes qui démontrent avec brio qu'il suffit de goût et d'imagination pour éditer aujourd'hui un livre de qualité exceptionnelle." (Jean Chatard, in: L'Arbre à paroles, no 92, septembre 1996) "Recueil admirable, superbe, étincelant. Ce n'est pas l'habitude de la maison d'être outrancièrement hyperbolique, mais ici rien d'exagéré. Page de droite, les poèmes d'odile Caradec, laquelle, après avoir traité ensemble le titre-thème, consacre une partie à chacun, dans une trilogie débridée. (...) Page de gauche, un dessin de Claudine Goux, magnifique dans les oppositions de couleur, la naïveté des traits, le rapport clair ou discret au texte. L'osmose est totale. (..) C'est une réussite, recueil-album, album-recueil sur papier bleu. A offrir. A lire. A offrir (après l'avoir lu soi-même) - version pingre ou cavalière - ou bien deux d'un coup, un pour offrir, l'autre pour soi, à conserver - version plus généreuse." (Jacques Morin, in: Décharge, no 92, mars 1997)
"(...) C'est toute la sensualité cosmique d'odile Caradec qui
s'exprime dans ce véritable petit livre d'art, tout bleu, orné de
trente-deux splendides illustrations en couleur de Claudine Goux.
On sent entre artiste et poète une grande complicité.(...)
L'ensemble se présente comme une petite symphonie
concertante avec une ouverture, trois mouvemenbts et un final.
(...) Nous voilà également ravis et ramenés, si nous l'avions
oublié, à la proximité charnelle de notre ruminante mère
nourricière. Odile Caradec a pour elle à la fois la vénération
de Victor Hugo et l'Humour-tendresse de Pascal Commère.
(...) Etonnante, émouvante Odile Caradec!"
(Annie Maillard, in: Froissart, no 82, été 1997)
"(...) vive la vie! Une vie croquée en plein vents, au volant
d'une Clio, laquelle transporte un violoncelle stupéfait
de rencontrer des vaches poitevines. Pas très poétique,
tout cela, hein, madame Caradec, pas très serieux, en tout cas,
et coloré en diable, comme les illlustrations de Claudine Goux
qui transportent vos poèmes encore plus loin dans la malice
et dans l'imaginaire. Mais voilà, vous n'en avez que faire,
vous, du sérieux ou du poétique. La vie, c'est précieux,
dites donc, et la musique, cela parvient à nous faire taire, alors...
Alors, il se joue ici un fameux miracle. Le poétique se
retourne et la poésie surgit. Le sérieux fait le gros dos et
l'immense stupéfaction d'être en vie agit. Elle agit dans la
démaitrise, dans la conscience d'un absolu d'autant plus
présent qu'il n'est presque point nommé... et d'autant plus
fort qu'il vous ferait sourire à chaque page. (...)"
(Lucien Noullez, in: Le Journal des Poètes, juin 1999)
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Odile Caradec: En belle terre noire |
avec 3 illustrations en couleur de Claudine Goux français - allemand 172 pages, 21 x 13 cm, 15 Poèmes sur la mort |
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Odile Caradec: Chats, dames étincelles |
Vignettes et illustrations en couleur de Claudine Goux français - allemand 128 pages, 21 x 13 cm 15 "A plusieurs reprises, Odile Caradec pour les textes et Claudine Goux pour les dessins, nous ont offert des livres fascinants. (...) une nouvelle brassée de poèmes, Chats, dames, étincelles où Odile Caradec emprunte à quelques-uns de ses anciens recueils ces poèmes étranges qui nous parlent de fruits et de terre, d'ânes et de buses, du chien Vanille et de la tendre précarité de la vie. Tout passionne Odile Caradec (et tout inspire Claudine Goux): les matous aussi bien que les dames ou les étincelles. Sa poésie s'appuie sur une réalité qu'elle appréhende et qu'elle gère selon des lois qui n'appartiennt qu'à un imaginaire de tous les instants. 'Des lévriers courent dans mes poèmes / ils font des bonds puissants / à eux seuls ils sont toute une âme / et je leur confie ma raison'. Mais s'il est question d'âme, il est aussi question de préoccupations plus ordinaires où les pommes de terre que l'on épluche dans la cuisine rejoignent quelque part le parfum de la confiture de coings qui caresse les papilles. Elle affirme avec conviction qu'elle n'a 'rien à voir avec la photo d'une dame / en prison dans un rectangle'. (...) Un livre superbe dans lequel Odile Caradec et Claudine Goux font des merveilles. (Jean Chatard, in: Mensuel littéraire et poétique, no 332, juin 2oo5) "(...) Quant au troisième terme, étincelles, il est indéniablement le mieux choisi pour chapeauter le recueil. Tous les poèmes sont de petits feux d'artifice. Odile Caradec, avec ses quatre-vingts automnes, me touche beaucoup. Elle allie la gravité des interrogations fondamentales, Est-il vrai que nous ne savons le fin fu fin qu'à l'ultime seconde?, avec une vitalité intacte et une énergie étonnante: je cours avec un chien pour qui la vie est friandise / la vie est course, la vie est muscle avide. J'admire ce sens de la beauté chez Odile Caradec dans la simplicité et l'évidence des choses et des mots. Une poésie qu'on lit comme elle respire. C'est en épluchant les pommes de terre / que j'échafaude mes poèmes... (Jacques Morin, in: Décharge, no 125, mars 2oo5) Voir aussi, en ligne, les Chroniques de la Luxiotte. |
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Clod'Aria: Solo pour un petit prince |
avec des illustrations de Federica Nadalutti et une carte de Roseline Humbert-Droz français - italien - allemand traduction en italien par Susanna Spero 62 pages, 22 x 12,5 cm 3 "Clod'Aria qui est née en 1916, fut institutrice et ne commença à écrire que tardivement, nous propose son trentième recueil. (...) Clod'Aria part d'une connivence intime avec l'âme pour parvenir à l'émerveillement devant l'univers, en se fondant sur l'éternité d'une singulière théodicée." (Pierre Descamps, in: L'Estracelle, no 8, printemps-été 1995) "(...) le jeu cruel et doux de la présence et de l'absence, la hantise de l'absence définitive qui s'approche. Comment retenir tout ce bonheur et toute cette peine? On dirait que chaque poème est une main qui ne retient qu'à peine de sable: l'idée que tu te fais de moi / n'est pas moi / Peu importe / puisque l'idée que je me fais de toi / et qui n'est pas toi / me rend heureuse." (Christian Degoutte, in: Bulle, no 7, juin 1995) "Le sujet n'a rien de branché: l'amour d'une mère pour un fils adoptif... (on pourrait même craindre les poncifs les plus éculés). Et pourtant, il y a un vrai miracle. Ce livre est un rare moment d'émotion qui refuse toute facilité et toute complaisance. Il est en même temps une succession de bonheurs d'écriture qui ne peuvent que réjouir le lecteur disponible. Gravité du ton, acuité de l'observation, sagesse finale devant l'inéluctable font de ce livre un instant de dignité et d'écriture sereine." (Lucien Wasselin, in: L'Hebdomadaire, no 135, 23 juin 1995) |
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Cid Corman: Eau-forte |
anglais - français - allemand traduction en français avec l'aide de Laurent Grisel 113 pages, 21 x 13 cm 8 "Auteur américain né en 1924, écrit sous forme d'aphorismes, d'haïkus dont l'influence orientale se ressent dans ce recueil. Mais il a su conserver un regard humoristique et dynamique dans ses poèmes. (...) La brièveté de ces poèmes n'empêche pas leur ouverture, leur interrogation au travers de l'humour et de la simplicité." (Jean-Michel Bongiraud, in: Parterre Verbal, no 28, décembre 1998) "(,,,) des notations quotidiennes, des prolongements de quelques méditations, ou des instantanés, sans plus? Plutôt, dirons-nous, des arrêts le temps d'un plop, la suite d'une question sous forme de non-réponse. (...) Sur quel chemin Cid Corman marche- t-il? Un chemin neutre. Quel sens donner à la vie. Le seul sens, l'intuitif. Mais à quoi bon rechercher du sens. Qu'est-ce qui nous a fait croire que nous étions le sens de tout cela? (...) De toute façon tout est ainsi, rien n'y changera. Rester éveillé, suffit. Paix, équilibre et tranquillité suivront. Nous voilà non loin de Lao tseu. (...) Les poèmes de Cid Corman sont lucides, ne se perdent pas en considérations sur l'invisible, ils disent et visent juste. (...)" (Gaspard Hons, in: Le Mensuel littéraire et poétique, no 265, décembre 1998) |
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Hélène Dorion: La caverne de l'histoire |
couverture: Helga Rackl français - anglais - allemand traduction en anglais par Andrea Moorhead 5o pages, 23 x 12 cm 5 "A L'ORIGINE DE LA PAROLE Comment reconduire mon âme / jusqu'à toi? Mes yeux s'éveillent en tes yeux / retrouvent soudain ce qu'on a perdu / au fond des grottes. Cet extrait de Sans bord, sans bout du monde a peut-être éveillé la quête de l'origine qui se met en branle dans La caverne de l'histoire? Ce cycle de 2o poèmes (...) regroupe des extraits d'un ensemble plus vaste au titre fort suggestif, "Les murs de la grotte". On retrouve à nouveau, dans ces textes, la nécessité d'approfondir le sens qui surgit de cette union entre l'homme et l'univers qu'il habite, la genèse du monde engendrant cette fois le reflet du paysage intérieur." (David Cantin, in: Le Devoir, 2 novembre 1996) "C'est à partir du motif des grottes de Lascaux que Dorion sonde les profondeurs de l'être, s'attache à redéfinir le parcours qui part de l'être et qui revient à l'être dans une quête incessante des origines et du sens de la vie avec tout ce que cela comporte d'aléas: (...)" (Roger Chamberland, in: Québec français, no 1o5, printemps 1997) |
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Rome Deguergue: En chemin |
Couverture et photos: Patrice Yan Le Flohic français - allemand 69 pages, 21 x 13 cm 7 |
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Hélène Dorion: Passerelles, poussières |
couverture: Helga Rackl français - italien - anglais - allemand traduction en italien par Fabio Scotto traduction en anglais par Andrea Moorhead 51 pages, 21 x 13 cm 5 "Dans son douzième ouvrage, Hélène Dorion a rassemblé une suite de poèmes qui oscille entre deeux pôles magnétiques: la hauteur et la profondeur, le départ et le retour, la blancheur et la noirceur. C'est à la suite d'un choc irréparable que la cassure s'est produite, cette 'faille sans nom', cette 'fissure cernée de poussières', cette 'séparation trop brutale'. La quête et la mission du poète sera de chercher obstinément des ponts, de les construire avec 'des noms comme des passerelles entre les regards', noms de villes et de personnes. 'Ecrire désormais pour ne pas oublier' en ayant confiance dans ce 'poème qui peut tout briser, tout commencer' et tout recommencer après chaque tentative pour relier les deux rives. C'est dans cette inconfortable situation que l'auteure rend compte de ce 'quelque chose de si fragile que je peux à peine me tenir sur les bords', vacillante, tremblante, cherchant une passerelle dans le noir, entre absence et présence, entre oubli et mémoire." (Georges Cathalo, in: Rétro-Viseur, no 83, janvier-mars 2oo1) " (...) Le texte s'ouvrant comme un texte sacré: 'D'abord ce fut le noir. Tranchant, définitif. Une faille que rien n'aurait pu empêcher', on croit assister à une généalogie de la douleur et à une quête du bonheur, aussitôt refusée par les adjectifs qui suivent immédiatement. Ce petit texte éclairera a posteriori le lecteur qui aurait suivi, livre après livre, l'évolution de cette écriture. Cette archéologie de la douleur, qui gomme toute référence anecdotique et refuse de donner en pâture une enfance douloureuse à la critique psychanalytique, permet ainsi à chacun d'inscrire sa propre douleur dans un cheminement singulier que la poésie rend universel. 'Lorsque j'étais enfant, il m'arrivait de passer des heures à regarder le noir qui grandissait en moi.' On n'en saura pas plus et tout est dit. Le 'blanc' n'est pas à découvrir dans un avenir réparateur, le désir ayant échoué dans cette tentative. Non, la lumière est à chercher en soi-même, dans le noir même qu'elle souligne: 'Devant la fenêtre, le blanc se laisse toucher par le blanc. Rien ne bouge. Je regarde ce qu'il y a d'irréparable en moi, cette faille sans nom, sans début, par moments insoutenable. Et pourtant, une telle douceur dans le blanc où tout s'arrête. // Quelque chose commence. Qui était là, parmi les arbres que dresse la vie, dans cette branche qui vacille dans l'air.' (...)" François-Michel Durazzo: Hélène Dorion, poète de la blessure, in: Autre Sud, no 4, mars 1999) "En face, il y a l'autre qu'on aime, mais qui échappe. Qu'est-ce qui sépare? Un fossé, une fissure, une faille, du temps. La mémoire fait son travail de ravaudage, de recomposition du puzzle. La qualité principale repose sur le fragile, le fugace. L'autre est omniprésent, avec le lourd trait d'union des mots, cependant il donne l'impression de n'être jamais là, comme la signification même de l'oubli. L'absence est pleine et la présence désincarnée, comme si seul le fantôme était expressif lorsque l'être aimé se pulvérise à mesure, soluble dans l'air. L'écriture lance ses perches en faisceau, de quoi attraper au moins une bribe de l'émotion qui habite et les souvenirs et les poèmes qui réaniment une par une les ombres couchées sur le chemin. On passe de longs découragements en enthousiasmes brefs dans ce genre de rédemptions. Au bord de la trace, il reste autant de passerelles que de poussières. Car le noir est l'émiettement de la blancheur." (Jacques Morin, in: Décharge, no 1o7, septembre 2ooo) "(...) Hélène Dorion, avec les outils du poète, se penche sur ce traumatisme originel qui perdure et innerve l'état adulte. Que faire remonter de cette 'faille sans nom'? Dans l'effort, 'l'obscurité se déchire' et sourd alors le blanc... La vie jaillit; la vie, c'est l'autre, hors de la faille originelle; l'amour, peut-être. Car '...j'habite avec toi ce qui continue d'arriver...' Beau recueil à lire et à méditer." (Lucien Wasselin, in: Rétro-Viseur, no 85, juillet-septembre 2oo1) "(...) Entre la narratrice et son interlocuteur silencieux (l'être aimé?), il y a d'abord l'incompréhension peut-être vécue comme une 'querelle' sémantique: 'Je dis - passage, et toi - traversée'. Dès lors, la pensée et les mots qui tentent de la cerner ou de traduire un silence sont vécus comme une déchirure, une 'faille' selon le mot de la poétesse. Le poème oscille entre le noir et le blanc, à la lisière de 'quelque chose de fragile mêlant le noir et le tremblement' qui reste si difficile à exprimer qu'il n'est que suggéré. La seule issue réside dans la fuite entre Paris, Montréal, Rome, New-York, ou dans la course indistincte d'un train sans véritable destination, métaphore de la vie sans doute: 'Le risque, la menace, le trouble; un train s'arrête, ne repartira jamais. Qui nous attend.' Une très belle assertion renvoie le lecteur à la vacuité perçue avec intensité par Hélène Dorion: 'Je veille sur quelques pas disséminés le long du temps.' (...)" (Denis Emorine, in: Nouvelle Tour de Feu, no 46) |
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Dagnija Dreika: Miroitements |
Couverture: Valentina Zeilé letton - français - allemand 66 pages, 21 x 13 cm 6 |
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Bluma Finkelstein: Toutes les étoiles sauront |
français - allemand 136 pages, 21 x 13 cm 12 "(...) C'est pure poésie que cette prose où j'ai eu l'impression de suivre pas à pas une démarche particulièrement riche en émotion (...)" (Paul Van Melle, in: Inédit, no 2o4) |
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Bluma Finkelstein: Mare nostrum |
français - allemand 98 pages, 21 x 13 cm 1o |
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Bluma Finkelstein: Au commencement |
Poèmes mystiques inspirés de la Kabbale Avec 1o linogravures d'Irène Boisaubert français - allemand 54 pages, 21 x 13 cm 6 _______________________ Edition originale, 27 x 2o cm, 25o |